25 janvier 2018
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Tentative d’escroquerie à l’encontre du Pan Guillaume Soro / Le commanditaire sous les barreaux à l’issue du procès

Le procès Ministère public contre les arnaqueurs du Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire s’est déroulé dans l’après-midi de ce mercredi 24 janvier 2018 à la salle publique du tribunal de première Instance du Palais de Justice d’Abidjan-Plateau.


Accusés et plaignants convoqués à 13 heures pour une série de procès, c’est finalement aux environs de 14 heures que les comparutions ont débuté avec à la barre un jeune ivoirien accusé de vol de poulets. Il a été acquitté à la suite d’une défense cohérente et précise d’un avocat rompu à la chose judiciaire. Deux autres prévenus ont comparu avant ceux ‘’dans l’affaire tentative d’escroquerie à l’encontre du Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire’’. L’un pour conduite sans permis de conduire qui a occasionné un accident de la route et l’autre pour tentative de cambriolage. Les deux ont été condamnés à des peines mineures avec une amende de 100 000 F CFA.

A 15 heures 10 minutes, ce fut enfin ‘’l’affaire tentative d’escroquerie à l’égard du Pan’’. Le Chef du Parlement ivoirien avait pour plaignante et victime sa secrétaire particulière. Les prévenus dans cette affaire, messieurs Coulibaly Djongué Ben Ezéchiel et Koné Penangnoufa Emile, accusés par le ministère public d’usage de faux noms et de fausses qualités pour arnaquer un Président d’Institution, sont donc appelés à la barre. C’est la juge madame Amon, assistée de deux assesseurs qui a présidé depuis le début, cette série de procès.

Le commanditaire Coulibaly Djongué Ben Ezéchiel se présente à la barre pour donner sa version des faits. Il explique qu’il serait l’un des élèves au primaire de la mère d’un ancien séminariste, donc institutrice à l’époque, M. Koné Pitou qui aurait fait le séminaire de Katiola et le lycée Classique de Bouaké avec le Président de l’Assemblée nationale. Interrogé s’il connait bien le nommé Koné Pitou dont il parle, il répond ‘’Non, pas particulièrement’’, et que c’est plutôt sa mère qu’il connait. Et la juge madame Amon de lui rétorquer ceci : « Vous savez combien d’élèves la maman de Koné Pitou a enseigné dans sa vie pour qu’elle puisse se rappeler de vous ? En plus vous utilisez le nom de son fils que vous ne connaissez pas pour demander de l’argent, de surcroit à un Président d’Institution ! » .

Poursuivant son explication, M. Coulibaly Djongué Ben Ezéchiel soutient qu’il a rencontré le Président Soro en 2011 à Katiola lors d’une visite qu’il a effectuée dans la famille de Koné Pitou. C’est à cette occasion, selon lui, qu’il a approché le Pan qui lui aurait remis son numéro directement. Et donc, lorsque le problème de maladie de sa mère est survenu, la seule personne qui pouvait l’aider était le Président de l’Assemblée nationale qu’il a essayé de joindre à travers le numéro qu’il lui a remis. C’est ainsi qu’il est tombé sur la secrétaire du Pan. Et madame la juge siégeant de lui demander : ‘’ s’il vous a donné son numéro lui-même, c’est qu’il vous connait particulièrement, vous aurez dû utiliser votre nom au lieu de celui de Koné Pitou qui n’est pas votre ami pour l’appeler.’’ Le prévenu reprend la parole pour dire que c’était juste pour que le Pan Guillaume Soro se souvienne de lui. C’est en substance cet échange houleux entre la Juge, madame Amou, et le prévenu qui a eu lieu lors du procès.

La secrétaire du Pan Guillaume Soro est ensuite appelée à la barre par la juge pour donner sa version des faits. Très succinctement et clairement, elle explique comme rapporté dans le précèdent article comment les faits se sont déroulés, avec cette série de sollicitations au téléphone pendant quatre jours durant, avec des appels excessifs et intempestifs frisant le harcèlement. Chose inhabituelle, selon elle.

« M. Coulibaly Djongué Ben Ezéchiel a dit qu’il était à Katiola et qu’il enverrait quelqu’un chercher l’argent demandé. Comment donc s’est-il retrouvé subitement aux abords de l’Assemblée nationale où il a été épinglé par la PJ alors qu’il avait déjà envoyé quelqu’un récupérer le butin ? » s’est-elle interrogée.

Malgré les arguments avancés par la défense, madame la procureure dans son réquisitoire a demandé la condamnation pure et simple assortie d’amendes des deux prévenus. Mais après la déclaration de la secrétaire particulière qui a transmis le message du Pan de ne pas condamner les prévenus mais plutôt de leur prodiguer des conseils pour qu’ils ne commettent plus ce genre d’acte condamnable, madame Amon s’est montrée plus clémente en relaxant le prévenu Koné Penangnoufa Emile qui pour elle, a été induit en erreur par son ami. Par contre, le commanditaire Coulibaly Djongué Ben Ezéchiel a écopé d’une peine de 6 mois de détention assortie d’une amende 100 000 F CFA.

Ainsi se termine le film de la tentative d’escroquerie à l’encontre du Président de l’Assemblée nationale.

Louis Konan


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