26 décembre 2017
Cure Herniaire
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Cure Herniaire gratuite à Abobo
Soro Simon appelle les Ivoiriens à la solidarité autour des malades

« Nous parviendrons si nous fédérons nos forces et nos êtres, que les uns ayant eu un peu de chance acceptent de donner un peu aux autres ; la richesse égoïste ce n’est pas de la richesse. »


De larges extraits du discours du Président de l’ONG La Vie, M. Soro Simon, ce samedi 23 décembre 2017, à l’occasion de la 3ème Edition gratuite de cure herniaire à la mairie d’Abobo :

« (…) Nos parents malades n’ont que faire de nos divergences, ils n’ont qu’un seul espoir, l’espoir de guérir. Une structure comme celle que j’ai l’honneur de diriger n’a besoin que de sérénité, de cohésion et de hauteur d’esprit pour générer des recettes afin d’apporter un soutien conséquent aux malades qui souffrent de la hernie ombilicale. A Abobo, les malades se comptent par centaines. La dernière information qui nous est parvenue, nous étions autour de 500 malades. Sur ces 500 malades, l’ONG est venue pour soulager 200 personnes.

Les malades sont différents des plantes ; quand une personne est malade, son premier souci, c’est de guérir et comme son appellation l’indique si bien, l’ONG La Vie donne la vie et c’est pourquoi aujourd’hui à Abobo, nous sommes venus pour partager le peu que nous avons. Et ce que nous avons, c’est la santé. C’est la santé que nous venons donner aux populations d’Abobo. Le père Fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, le Président Félix Houphouët-Boigny rappelait souvent et à juste titre ; et on aurait tort de l’oublier, qu’on ne peut se battre au chevet de sa mère malade. C’est pour cela, braves populations d’Abobo, vous qui êtes au premier rang de tous ceux et de toutes celles qui nous sont chers, je vous dis d’une voix pure et sincère, « soyez rassurés l’ONG La Vie dont les bases sont bien ancrées dans le sol ivoirien, saura résister aux intempéries et demeurera votre fidèle compagnon ».

M. le Représentant du Président de l’Assemblée nationale, M. Soro Kigbafori Guillaume, Monsieur le ministre, je ne vous ferai pas l’injure de vouloir vous rappeler les ravages de la hernie au sein de notre société. Cependant, permettez-moi de rappeler ses effets les plus connus que sont la gêne physique et sociale, la nuisance à l’intimité du couple, la fragilisation de la santé et la réduction de la capacité du travail. Malheureusement ils sont nombreux nos frères et sœurs qui en souffrent dans le silence. Nous devons, surmontant nos égoïsmes et nos indifférences, faire le premier pas qui sauve en regardant autour de nous. Certains de ces malades voient leur mal s’aggraver parce que dans leur environnement immédiat, personne ne s’intéresse à eux. L’indifférence étant la pire source de détresse, nos frères malades traversent l’existence le regard songeur et l’âme en peine. Je vous prie, vous ici rassemblés, vous qui de loin m’entendez, de venir nous rejoindre afin d’être des procureurs de bonheur.

Chers frères et chères sœurs, dans les années 80, c’était ‘’Abobo la guerre’’, en 2010, c’était ‘’Abobo la résistance’’, aujourd’hui il faut qu’on dise ‘’Abobo, la santé’’. Nous parviendrons si nous fédérons nos forces et nos êtres, que les uns ayant eu un peu de chance acceptent de donner un peu aux autres ; la richesse égoïste ce n’est pas de la richesse.

A cet appel à la solidarité, je voudrais ajouter l’invitation à l’élévation positive de l’être ivoirien. Jean-Jacques Rousseau affirme que l’homme nait juste et bon et que c’est la société qui le transforme. C’est bien cela, nous nous rendons mauvais, nous nous transformons ainsi de suite les uns et les autres. Pour les autres, comme l’a relevé le philosophe Thomas Robuste, ceux qui subissent des injustices deviennent, à leur tour, injustes. Ceux qui souffrent de la méchanceté finissent eux-mêmes méchants. Et ceux qui en pâtissent de l’indifférence deviennent eux aussi indifférents. Un cercle vicieux, ainsi va le monde, ainsi ne devrait pas aller le monde.

Monsieur le représentant du Président de l’Assemblée nationale, pour conjurer les rejets et les oublis, pour panser les plaies et les meurtrissures, pour changer le cours de bien de destins, l’ONG La Vie s’inscrit dans la pratique de la générosité et de la charité. C’est la seule voix qui s’impose à nous. Car comme le disait Raoul Follereau, l’initiateur de la lutte contre la lèpre en Côte d’Ivoire, nul n’a le droit d’être heureux seul. C’est pourquoi, j’invite nos cadres, nos opérateurs économiques, nos frères qui ont un peu, de donner un peu pour qu’on puisse soigner nos populations appauvries.

Je voudrais terminer mon intervention en louant les qualités professionnelles et humaines de l’équipe qui nous accompagne depuis des années, je veux parler des médecins qui sont à la tâche actuellement. A leur compteur, ils sont à la 118ème personne. Mention spécial à l’honorable Koné Tehfour qui a rendu possible cette activité. Merci à toi cher frère Koné Tehfour, merci au député d’Abobo. Je voudrais aussi saluer le grand-frère Konaté Sidiki qui depuis les temps jadis avait introduit dans le système que j’ai la charge de conduire… il me disait petit-frère nos populations sont pauvres, on ne peut pas partager un milliard à toute la population mais quelle stratégie pouvons-nous mettre en place pour aider nos populations à sortir de la pauvreté ? J’ai répondu : ‘’grand-frère, la première des choses c’est la santé. Un homme qui est en bonne santé peut faire un petit métier, peut créer des entrées’’. Et c’est ce que nous sommes en train de faire.

Je vous remercie ».

Propos recueillis et retranscrits par Louis Konan


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