3 janvier 2019
Lafokpokaha
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Situation socio-politique : Les vérités de Guillaume SORO

Qu’est ce qui a pu bien se passer pour que le premier responsable de la représentation nationale ivoirienne porte des gangs en fer pour dépeindre la situation politique qui prévaut actuellement en Côte d’Ivoire. La réponse à cette préoccupation se trouve dans l’intervention qu’il a livrée ce mardi 1er janvier 2019 sur sa terre natale devant les siens.


En ce premier jour l’An, le Président de l’Assemblée nationale, Guillaume Kigbafori SORO, a partagé dans son village natal de Lafokpokaha un déjeuner avec les siens, comme inscrit dans ses habitudes depuis des années. Précisément les chefs traditionnels du département de Ferkessédougou. Aux côtés des nombreux chefs qui sont venus de toutes les contrées du Tchologo, des cadres de la région ont été également conviés à ce traditionnel partage de repas. Belle opportunité à travers laquelle va tirer profit le Chef du parlement ivoirien pour s’exprimer avant l’ouverture du buffet.

D’abord, il va demander de prier pour lui afin que ses souffrances politiques prennent fin en cette nouvelle année. Car selon ses dires, il a pris trop de coups durant l’année écoulée : « les chefs sont les intermédiaires et les dépositaires de toute cette connaissance millénaires de la terre sur laquelle nous sommes. Ils sont assis ici. C’est pourquoi, quand je suis ici, je suis d’abord et avant tout en sécurité. Cette année 2019, je la commence avec eux. J’ai dit à Papa Kiyali que ça été une année difficile. Papa Kiyali, toi-même je t’ai vu plusieurs fois, nous avons parlé. Je t’ai dit que c’est une année difficile. Les années difficiles, on en a connu. Cette année 2019 je vous demande de prier, et je sais quand je vous demande de prier, ce que vous faite. Priez pour que 2019 là, je ne souffre plus parce que je ne veux plus souffrir. Débrouillez-vous, je ne veux plus avoir de problèmes parce qu’en 2018, quand on me salue et qu’on a pris la photo pour envoyer, on te renvoie de ton travail. Tous mes collaborateurs ont été renvoyés. Ils n’ont rien fait de grave », a-t-il déploré.

Dans la même lancée, il a passé en revue la situation socio-politique particulièrement tendue, selon lui, entre lui et certains hommes politiques, notamment cadres du RDR. Sans citer de nom, Guillaume SORO a tout de même fustigé les manigances et médisances ourdies contre sa personne. Il a surtout regretté les dissensions entre le RDR et le PDCI : « J’entends des gens dire : ‘’Guillaume est allé chez Bédié’’ ; ‘’Guillaume veut prendre le pouvoir pour le donner à Bédié’’… Ah bon ? C’est moi qui veux prendre le pouvoir pour le donner à Bédié ? Bédié a été président avant moi. Est-ce que c’est moi qui lui ai donné ce pouvoir ? J’étais encore étudiant. Arrêtez de blaguer les parents. Je vais aller saluer Bédié matin, midi et soir si je le veux », a précisé le Chef du parlement et d’ajouter qu’il n’est pas la propriété de quelqu’un et qu’il est plutôt en train de demander pardon et d’œuvrer en faveur de la réconciliation. Investi d’une telle mission, l’homme estime qu’il est libre de choisir ses fréquentations :

« Donc je peux aller voir qui je veux. J’irai voir qui je veux. J’ai 46 ans. Donc personne ne doit me dire quelle femme je dois chercher ou pas ; qui je dois aller saluer ou pas. A 46 ans, Barack Obama était élu président aux Etats-Unis. A 41 ans, Houphouët a créé le RDA. Moi j’ai 46 ans. Donc aujourd’hui, je ferai ce que je souhaite. Je suis allé saluer Bédié parce que je voulais le faire. L’année d’avant, quand on a arrêté Soul et qu’on l’a jeté en prison, qui s’en est plaint ? Quand mes proches ont été renvoyés, qui y a-t-il eu pour dénoncer cela ? Pourquoi alors les gens se posent-ils des questions ou disent qu’ils sont fâchés quand je vais voir Bédié ? Savez-vous à combien de reprises moi j’ai été fâché dans ce pays sans l’exprimer ? Sait-on à combien de reprises j’ai eu mal sans broncher ? Je ne cherche pas de problèmes dans le pays. C’est plutôt la paix que je recherche », a d’emblée situé Guillaume SORO.

Le premier des députés ivoiriens a également saisi cette tribune pour demander à l’ensemble de la chefferie traditionnelle de s’impliquer davantage dans la recherche de la paix, la fraternité et la cohésion sociale. Par ailleurs, il a tenu à confier son destin politique à ceux qui, selon lui, sont les garants de la tradition, des us et coutumes par des prières et des bénédictions.

Il faut noter qu’à ce déjeuner, étaient présents des invités spéciaux de Guillaume SORO. Notamment le ministre Malick Sanko venu de la Guinée-Conakry, le Centrafricain Jean Joss et monsieur Kpan Raphaël, chef de canton de Man.

Idrissa MAIGA


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