7 mai 2018
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Présidentielles 2020 :
Pourquoi Guillaume Soro devrait être candidat ?

Pourquoi Guillaume Soro devrait être candidat ? Les raisons sont multiples et multiformes. A quelques deux ans de la prochaine élection présidentielle ivoirienne, le Président de l’Assemblée nationale, SEM. Guillaume Kigbafori Soro, ancien dauphin constitutionnel, n’a toujours rien officialisé de sa probable candidature en 2020, malgré les ambitions qui lui sont prêtées. Cependant, aux yeux des avertis de la politique ivoirienne, plusieurs éléments laissent penser qu’il devrait bien être de la bataille.


Régulièrement interrogé à ce propos, le Président Guillaume Soro ne cesse de faire durer le suspense. Mieux, il s’est donné une mission depuis sa première législature, prôner partout sur le territoire ivoirien le Pardon et la réconciliation. Pour ce faire, depuis le début de l’année il parcourt monts et vallées pour visiter les populations ivoiriennes et leur parler, discuter et recueillir leurs préoccupations. Après le Sanwi, l’Indénié et sa région natale le Tchologo, il était récemment dans la région du Gboklê chez son ami Alain Lobognon député de Fresco, où il a exhorté la chefferie traditionnelle et les populations au Pardon et à une réconciliation véritable, sources de paix durable et de développement harmonieux. Faut-il peut-être le préciser, la chefferie traditionnelle et les leaders religieux occupent une place importante pour lui dans la réussite de cette mission de Réconciliation.

En tout cas, vu l’ébullition sur le terrain, la majorité des Ivoiriens de 18 à 50 ans, de quelles que obédiences politiques que ce soit, se mobilise actuellement autour de la marque ‘’Soro’’ pour qu’il se présente. Sa campagne serait-elle déjà en marche ? S’interrogent les plus curieux. Ce qui est certain, plusieurs indices portent à croire que le Président Guillaume Soro ne restera pas sur la touche et ne laissera pas passer cette occasion de rendre possible son accession au pouvoir en 2020 pour le bien- être de la nouvelle génération ivoirienne qu’il incarne.

À défaut d’annoncer publiquement sa candidature, les amis de Guillaume Soro dans toute leur diversité et composante semblent tout mettre en œuvre en coulisses pour être prêts le moment venu. En plus de renforcer sa présence sur les réseaux sociaux tels que sur Facebook, twitter, LinkedIn et sa récente arrivée sur Snapchat, Guillaume Soro est présent ou se fait représenter partout en Côte d’Ivoire où les populations ivoiriennes le sollicitent. Les mouvements de soutien se créent par dizaines sur toute l’étendue du territoire ivoirien et même à l’étranger où son ami le Professeur agrégé de philosophie Franklin NYAMSI est très actif. Le Conseiller spécial de Guillaume Soro, le professeur Franklin Nyamsi a d’ailleurs procédé, ce dimanche 06 mai 2018 à l’issue d’un scrutin en France, au vote des statuts et à l’élection des membres du bureau exécutif de l’Association Internationale des Amis de Guillaume Kigbafori Soro (AIA-GKS). Ainsi NYAMSI a été élu à l’unanimité de l’Assemblée Générale, à 100%, président de l’AIA-GJS. Peut-être encore silencieuse mais la machine GKS est bel et bien en marche.

Au vu des recommandations au quotidien des uns et des autres et des commentaires sur les réseaux sociaux, le député de Ferké-Commune est le seul capable de bâtir et de proposer à ses compatriotes ivoiriens un véritable projet d’alternance. C’est pourquoi depuis le début de l’année 2018, les populations ivoiriennes tout azimut du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest en passant par le Centre sont en mouvement pour construire autour du leader générationnel, en dépit des alliances partisanes contre nature, la plus grande organisation possible de soutien ayant en partage la même vision que celle portée par Guillaume Soro, celle de la Paix, du Pardon et de la Réconciliation. Pour cette jeunesse ivoirienne, l’alternance pour 2020 se construit dès aujourd’hui, Et ce n’est pas Guillaume Soro lui-même qui pourrait les en dissuader.

Depuis déjà plusieurs mois, le Chef du Parlement ivoirien domine l’actualité politique de son pays. Dans ses discours officiels, comme ce fut à l’ouverture de la Session ordinaire unique le 03 avril dernier à l’Assemblée nationale, et à d’autres occasions au cours des missions officielles ou privées à l’intérieur du pays, il dessine au fur et à mesure l’esquisse de ce qui pourrait bien être son programme présidentiel avec pour point culminant, un vaste programme pour le Pardon et la Réconciliation dont la libération de tous les prisonniers politiques serait un volet indispensable..

Après de longues tractations sans résultats probants entre les partis politiques membres du RHDP pour la création et l’existence juridique de ce groupement politique qui a permis au Président Alassane Ouattara d’être élu en 2011 et réélu en 2016 à la tête du pays, la jeunesse ivoirienne veut prendre son destin en main en sortant des prisons des partis politiques comme Emmanuel Macron l’a réussi en France. Bien que socialiste, Emmanuel Macron vu ses nombreuses divergences avec le Président François Hollande, a pris ses responsabilités en quittant le pavillon socialiste pour se présenter en tant qu’indépendant à l’élection présidentielle française. Il a été élu avec brio avec d’ailleurs une forte majorité à l’Assemblée nationale française alors que les politiciens français ne vendaient pas chère sa peau. Et comme avec Emmanuel Macron qui fête son premier anniversaire aujourd’hui à la tête de la France, Guillaume Soro doit pouvoir en finir avec le clivage Gauche, Droite et plus particulièrement sous nos cieux avec les partis politiques traditionnels. Ça doit être pour lui le Rassemblement des Ivoiriens autour de la mère patrie. A Ouagadougou au Burkina-Faso le 28 novembre 2017, le Président Français a appelé solennellement la jeunesse africaine à prendre, comme lui, son destin en main :

« Et je suis d’une génération qui observe, que partout sur le continent africain, la jeunesse africaine réclame avec impatience de participer à la construction du destin de son pays et de la mondialisation », avait-il indiqué à l’occasion. Et Guillaume Soro fait partie de cette nouvelle génération africaine.

La déception de la base des différents partis qui composent le RHDP, prioritairement le RDR, le PDCI, et même de l’opposition avec le FPI qui est disloqué, peut être considérée comme une aubaine pour l’actuel chef du Parlement ivoirien. Ce désamour entre ces bases et la haute hiérarchie de ces partis politiques peut lui profiter. Et l’atout principal réside dans sa faculté à fédérer toute la jeunesse ivoirienne autour de lui. Le ton a été donné le samedi 05 mai dernier au Palais des Sports d’Abidjan-Treichville où Guillaume Soro a bloqué le compteur de l’applaudimètre lors de la cérémonie d’ouverture du 4ème Congrès extraordinaire du RDR, son parti. Ce Congrès extraordinaire se tient en vue de donner la position officielle du parti sur la question du parti unifié, le Rassemblement des houphouëtistes pour la Démocratie et pour la Paix (RHDP).

L’autre force ou avantage de Guillaume Soro, c’est le fait que tous les Ivoiriens savent que tout est concocté, mis ou sera mis sur sa route pour salir son image, vu qu’il constitue un candidat potentiel. Et donc, tous les complots ourdis çà et là dans l’obscurité contre lui sont sus des Ivoiriens. Le dernier en date de ces complots est bel et bien la rocambolesque affaire de cache d’armes supposées découverte chez son directeur de protocole l’ambassadeur Kamaraté Souleymane alias Soul II Soul qui croupit en prison depuis plusieurs mois maintenant.

Pour terminer, son riche parcours politique milite en sa faveur. C’est pour moi d’ailleurs le plus important car Guillaume Soro est un « monstre », un « requin » politique. C’est pourquoi, je m’attarderai particulièrement sur cet aspect du député de Ferkessédougou pour montrer que c’est le meilleur homme d’Etat ivoirien que les Ivoiriens puissent avoir pour présider aux destinées de notre pays en 2020 :

Monsieur Soro Kigbafori Guillaume est né le 08 mai 1972 à Kofiplé S/P de Diawala en Côte d’Ivoire. Diplômé du département d’Anglais de la Faculté des Lettres, Art et Sciences Humaines, de l’Université de Cocody-Abidjan, Soro Guillaume est un ancien pensionnaire du petit séminaire de Katiola (1985) et du Lycée classique de Bouaké (1988) où il a obtenu le Baccalauréat série A en 1992 avec la mention Assez Bien. Sa vie estudiantine est marquée par une intense activité syndicale à la tête de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) dont il sera le Secrétaire général de 1994 à décembre 1998. Cela lui vaudra plusieurs arrestations et séjours carcéraux, avec en prime, le statut de prisonnier d’opinion par Amnesty International en 1995 et Homme de l’Année en Côte d’Ivoire en 1997 par le quotidien Ivoire Soir. Soro Guillaume poursuit ses études en France où il s’inscrit en Anglais à Paris VII et en Sciences Politiques à Paris VIII. Il revient en Côte d’Ivoire quelques semaines avant les événements du 24 décembre 1999. Après les périodes troubles d’octobre, décembre 2000 et de janvier 2001 en Côte d’Ivoire, il est contraint de s’exiler. Membre fondateur du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI) qui s’est dressé contre la dictature naissante de Laurent Gbagbo en 2002, Soro Guillaume en devient le Secrétaire général au cours de l’année 2000. Après l’échec des négociations de Lomé, il est désigné premier responsable des trois mouvements (MJP, MPIGO et MPCI) qui deviendront les Forces Nouvelles (FN) le 22 décembre 2002. De mars 2003 à décembre 2005, Soro Guillaume est Ministre d’Etat, Ministre de la Communication dans le gouvernement après les Accords de Linas Marcoussis, par le Premier ministre Seydou Elimane Diarra. Le 28 décembre 2005, il est nommé ministre d’Etat, Ministre chargé du programme de la reconstruction et de la réinsertion dans le gouvernement dirigé par le Premier ministre Charles Konan Banny. Le 29 mars 2007, suite à la signature de l’Accord Politique de Ouagadougou, Soro Guillaume devient le 9ème Premier Ministre de la Côte d’Ivoire. Sa mission principale, depuis lors, est de mener à bien le projet d’identification nationale afin de conduire le pays à des élections démocratiques et ouvertes. Maître d’œuvre du processus électoral qui a conduit à l’élection du candidat Alassane Ouattara comme Président de la République en novembre 2010, il refuse de cautionner le hold-up électoral de Laurent Gbagbo et remet sa démission au vainqueur des élections qui le reconduit aussitôt dans ses fonctions de Premier ministre doublé du poste de Ministre de la Défense. Guillaume Soro forme son quatrième gouvernement le 1er juin 2011, gouvernement qui prendra fin le 8 mars 2012 à la suite de sa démission

Le 12 mars 2012, Guillaume Soro est élu à l’unanimité président de l’Assemblée nationale, ce qui fait de lui le deuxième personnage de l’État. Il est le 6e président de l’Assemblée nationale.

Son mandat est marqué par une activité accrue et d’un rôle renforcé du parlement. Il est par ailleurs amené à effectuer plusieurs voyages diplomatiques, notamment en Europe et en Asie. En mai 2016, lors de la 14e Conférence parlementaire afro-arabe, Guillaume Soro est désigné président de cet organe parlementaire, cadre d’échanges entre les députés africains et leurs homologues du monde arabe. Il est également membre de l’Assemblée des parlementaires francophones.

En tant que président de l’Assemblée nationale, il centre ses actions principalement sur la jeunesse, les questions sociales, mais également sur les questions liées à l’environnement. Il souhaite notamment que la Côte d’Ivoire recoure davantage aux énergies renouvelables, objectif qu’il réaffirme à quelques semaines de la COP21, en septembre 2015 déclarant que "la question de l’écologie reste une préoccupation majeure.

Il appelle régulièrement à une lutte plus efficace contre les inégalités et à une croissance plus inclusive en assurant une meilleure répartition des fruits de la croissance. Lors de son discours de Nouvel An au personnel de l’Assemblée nationale et aux députés, il a d’ailleurs invité ces derniers à placer la dernière année de la législature sous « le sceau du social et de la solidarité aux plus vulnérables ». Il déclare également l’année 2016 « Année de la solidarité ».

Au lendemain des attentats de Grand-Bassam, Guillaume Soro, dans une interview accordée au Point du 7 mai 2016, fait part de ses propositions de réformes en matière sécuritaire. Il propose ainsi de créer des unités antiterroristes et/ou des forces spéciales afin de faire face à la menace terroriste grandissante. Selon lui, une réforme des services de renseignements ivoiriens, afin de donner plus de place au renseignement humain s’avère nécessaire, ainsi qu’une meilleure coopération entre les services de renseignements régionaux. Afin d’apaiser les tensions religieuses susceptibles d’être exploitées par mouvements terroristes, il se prononce en faveur d’un État laïque et appelle à une pacification des relations entre le Nord musulman et le Sud chrétien et animiste.

Le 03 avril 2018 à l’occasion de l’ouverture solennelle de la session unique ordinaire 2018 de l’Assemblée nationale, le Président Guillaume Soro s’est positionné dans son discours, en défenseur acharné du pardon et de la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire.

« Je vous affirme ma volonté inaccessible de continuer ce combat pour le pardon et la réconciliation qui conduira à la construction d’une véritable nation ivoirienne », a-t-il déclaré à l’hémicycle.

Sa candidature doit au gré ou mal gré se préciser les jours ou les mois à venir parce qu’il porte la responsabilité de l’alternance, parce qu’il s’est mis totalement au service de sa famille politique et parce qu’enfin il porte les espoirs de toute une génération. Et ce combat de génération doit coute que coute être mené en 2020.

Si pour des questions personnelles, Guillaume Soro décidait de ne pas être candidat en 2020, la jeunesse ivoirienne l’y contraindra car il n’ya pas meilleur ‘’produit’’ que lui.

Louis Konan


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