20 février 2019
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Politique / Soro crache ses vérités dans une causerie avec des chefs ébriés d’Abatta

« Quelquefois, comme les voies du Seigneur sont insondables, quand quelque chose t’arrive, tu crois que c’est pour ton malheur or en réalité Dieu veut te protéger. »


Le député de Ferké-Commune, l’honorable Guillaume Kigbafori Soro, a échangé, ce mardi 19 février 2019, avec une délégation de chef du village d’Abatta conduite par le chef du village, Nanan ABITO Aké André.

Une rencontre qui se situe après celle des femmes du Rassemblement pour la Côte d’Ivoire (RACI) et celle de ses parents de Ferké, dans le cadre de ses audiences chez lui à domicile depuis sa démission du perchoir de l’Assemblée nationale le 08 février dernier.

Selon le chef Abito, le village d’Abatta est venu rendre visite à un de ses fils qui est le député Guillaume Soro, membres de la génération Tchagba-Djréhou.

Pour le chef, depuis sa démission ; tout le village d’Abatta n’a cessé de manifester son souhait de le rencontrer pour d’une part comprendre ce qui arrivait à l’un de ses fils et d’autre part lui témoigner de son indéfectible soutien.

En retour, Guillaume Soro a remercié ses hôtes de cette belle initiative à son endroit en ces temps où le côtoyer est vendre son esprit au diable pour certains anciens camarades de l’ex-Rassemblement des républicains (RDR) aujourd’hui mué en RHDP.

Et c’est dans une causerie bon enfant, sans langue de bois et sans détour que Guillaume Soro a fait le tour de l’actualité en Côte d’Ivoire : les raisons de sa démission de la Présidence de l’Assemblée nationale ; l’animosité vis-à-vis de sa personne, les contre-vérités doublées de manipulations ourdies et déballées pour salir sa réputation au nord sa région natale, son calendrier à court-terme, le comité politique nouvellement créé, etc.

Bref, ‘’Bogota’’ a encore frappé fort, il a craché ses vérités à qui veut l’entendre car désormais il entend parler et éveiller les consciences car il n’est astreint à aucun droit de réserve désormais

 

 

Ci-dessous l’intégralité de sa causerie avec les chefs traditionnels du village d’Abatta :

 

- Monsieur le député Issiaka Fofana

- Nanan Abitho Aké André

- Messieurs les notables de la chefferie d’Abatta

- Mon camarade le doyen de la génération Tchagba

Mes services m’ont écrit un discours mais je ne vais pas le lire, je veux causer avec vous, c’est mieux de causer. Je suis très content et touché de vous voir. Chef Abitho, je suis content de vous voir dans cette maison. Je salue mon ami et frère Issiaka, c’est notre Imam du groupe. Je salue Assi Edmond, c’est un attié qui vient de la Mé et qui est avec moi ; Traoré Mamadou, c’est mon frère et l’autre que vous connaissez tous, Toh Marc qui parle souvent avec vous.

J’ai dit que je veux causer avec vous, nous n’allons pas faire de grands discours, il faut qu’on se parle. Vous avez dit des choses qui m’ont touché. Vous vous êtes déplacés pour venir me voir, cela me touche.

Parce qu’en effet, je ne suis plus Président de l’Assemblée nationale, mais je reste Guillaume Kigbafori Soro, c’est maintenant je vais voir ceux qui aimaient Président le l’Assemblée nationale et ceux qui aiment Guillaume Soro. C’est important, parce que ceux qui ont voulu que je quitte la présidence de l’Assemblée, c’est ce qu’ils cherchaient. Ils se sont dits : ‘’ Guillaume fait le malin parce qu’il est le Président de l’Assemblée nationale, mais le jour où on va l’enlever de la présidence de l’Assemblée, il ne sera plus rien, les gens vont le fuir, et il aura le destin d’une feuille morte’’.

Donc, ils ont posé cet acte pour que tout le monde me fuie. On dit : ‘’ s’il est populaire là, c’est parce qu’il est Président de l’Assemblée nationale mais dès qu’il ne sera plus Président de l’Assemblée nationale, il va voir. Tous les ivoiriens vont le fuir même dans sa maison, il n’y aura plus personne ; personne ne va l’appeler sur son téléphone, quand il ira à l’extérieur, aucun chef d’Etat ne va le recevoir ‘’.

Mais tenez-vous bien, moi-là, tout cela n’est pas mon problème, c’est Dieu qui donne le destin à chacun. En tout cas, moi je n’accepterai jamais le chantage ; il faut qu’on reste dignes. Mais ceux qui parlent, c’est parce qu’ils comptent sur le fait que vous ne pouvez pas venir chez moi parce que si vous venez chez moi, après vous allez avoir des problèmes. Quelqu’un a dit qu’on m’avait invité à Abatta et je ne suis pas venu. Mais j’avais donné mon accord pour venir. Ce jour-là, ma génération est venue, tout le monde est venu et on a bien dansé. J’ai dansé habillé dans le pagne rouge avec du kaolin sur mon corps. Mais celui qui conduisait la délégation, le jour où je l’ai appelé, j’ai dit : ‘’je viens à Abatta ‘’, il m’a dit : ‘’non, attends d’abord’’, parce qu’on l’a appelé pour le menacer pour lui dire ‘’ Ah bon, c’est toi qui invite Guillaume Soro à Abatta ? Tu verras on va te créer tous les problèmes’’

Disons-nous la vérité ! Moi j’ai dit que je ne suis plus contraint au devoir de réserve, je vais tout dire. On l’a appelé, on l’a menacé, on est passé chez des chefs pour les menacer : ‘’c’est vous qui invitez Guillaume Soro à Abatta ? Vous allez voir, on va vous créer tous les problèmes ; c’est nous qui sommes au pouvoir, on détient le pouvoir, on va vous créer des problèmes ’’.

Ah bon, demain vous ne serez plus au pouvoir, et si on veut vous créer des problèmes ? Quand on est au pouvoir-là, ce n’est pas pour créer des problèmes aux gens parce que c’est nous qui vous avons élus au pouvoir. Donc quand on est au pouvoir on doit être humble, on n’utilise pas le pouvoir pour écraser son concitoyen. On utilise le pouvoir pour résoudre le problème de ses concitoyens. Mais je ne comprends pas les hommes, ton ami avec qui vous jouez au damier, au Ludo, un matin il devient ministre mais on dirait qu’il ne t’a jamais vu. Sa tête devient comme une montagne… ministre c’est quoi ? Ministre c’est rien ! Moi quand j’ai mis mon pied dans le gouvernement, j’étais ministre d’Etat mais je n’avais pas la grosse tête. J’ai été Premier ministre ici sous deux Présidents sur plus de 5 ans. Comptez combien de personnes ont fait cet exploit ! J’ai été Président de l’Assemblée nationale mais je suis assis ici avec vous. Mais il y a des gens, à peine on te nomme ministre, on ne peut plus respirer, mais pourquoi ?

Et ils sont allés vous menacer parce que vous êtes venus ici pour danser avec moi. Mais si on a dansé et puis ça vous fait mal, organisez pour vous pour danser plus fort que nous, comme ça, ça va nous faire mal aussi (applaudissements). Est-ce que on paie la danse, il n’y a pas affaire d’argent dedans.

Donc je ne suis pas venu à Abatta, juste pour ne pas vous créer des problèmes parce qu’ils vous ont menacés. Je me rappelle, quand j’ai appelé Issiaka pour venir, il y a un jeune dedans, comment on appelle celui qui était à la tête ? Doumbia Issouf, l’actuel maire de Bingerville, lui-même voulait s’évanouir. Il me demandait pardon, pardon pour ne pas que je vienne. Je lui ai dit : ‘’ mais toi, tu es jeune ; un jeune doit être courageux. Ton ami garçon vient te menacer et toi tu trembles ‘’. On comprend mieux un doyen qui a peur parce qu’il a ses femmes et ses enfants, mais toi un jeune, tu n’as rien à perdre et tu dis qu’on t’a menacé. Dites à Doumbia Issouf : ‘’comment moi vieux comme ça, il me prend pour venir me faire danser et il ne peut pas m’emmener à Abatta ? ’’Il est devenu RHDP. Quelque chose que tu ne peux pas terminer, faut pas commencer (applaudissements). On vous a menacés et moi je ne suis pas d’accord qu’on menace les gens. Mais ne vous inquiétez pas et je répète, ne vous inquiétez pas parce que moi, je suis serein. Président de l’Assemblée nationale là, c’est une fonction. On l’a occupé, après moi il y en aura d’autres donc ce n’est pas une fin en soi. Moi j’ai refusé de rester à la tête de l’Assemblée nationale parce que je ne veux pas vendre ma dignité. Militer dans un parti, c’est libre non ? Mais si toi, on vient te dire, si tu n’es pas dans RHDP, il faut quitter la Présidence de l’Assemblée nationale, moi je préfère partir, c’est pourquoi je suis parti.

Chef Abitho, dis à nos parents là-bas, que moi je dis que RHDP-là, je ne suis pas dedans. Donc, comme on dit si je ne suis pas dedans, de quitter alors j’ai décidé de quitter. Parce que j’aurais pu dire je ne quitte pas, mais ça allait créer des problèmes dans le pays. Est-ce que à cause de poste, on va se battre ? Non, je préfère sacrifier ce poste-là. Et puis depuis que je ne suis plus Président de l’Assemblée, je suis soulagé ; les gens disent même que je suis devenu plus jeune (applaudissements). Est-ce que ce n’est pas bon ? Je peux bien me promener, je peux parler, je dis ce que je veux. Donc, moi je ne peux pas me laisser entrainer dans des débats inacceptables, c’est pourquoi je dis aux chefs : ‘’ne vous laissez pas manipuler, effrayer, pourquoi vous avez peur ? ‘’

Non, tant que chacun dans ce pays ne prendra pas ses responsabilités, il n’y aura pas de démocraties en Côte d’Ivoire. Chacun doit dire non, avoir le courage de dire non. Parce que les gens disent : ‘’Guillaume Soro fait le malin, laissez-le, quand on va l’enlever de la tête de l’Assemblée nationale, trois mois après il va voir, il sera appauvri, il n’aura rien à manger, personne ne viendra le saluer’’. Dieu merci, les ivoiriens sont tellement bien ; ils m’ont déjà donné du riz pour un an. Ça, c’est déjà garanti (applaudissements). Je peux manger pendant un an plein ; ma réserve de nourriture pour un an est garantie. Donc chef Abitho, dis merci aux ivoiriens ! Ça, c’est réglé.

On dit aussi que personne ne viendra me voir, je m’en vais au village jeudi pour aller voir mes parents. Après j’irai rendre visite à Bédié. Après j’irai en Europe et vous me verrez, j’irai saluer des Présidents. Il y a des Présidents de la République que moi je connais, ce n’est pas parce que j’étais de l’Assemblée nationale, je les ai connus bien avant. A 29 ans, 30 ans, j’avais déjà sillonné les palais de la sous-région. Je connaissais les gens avant Président de l’Assemblée. ‘’Où est Madia ? (Ndlr : sa photographe personnelle), il faut sortir mes photos quand je les connaissais avant d’être Président de l’Assemblée. C’est toi qui prenais les photos non ?’’

Moi, j’étais assis à Bouaké, les Présidents prenaient leur avion pour venir me trouver à Bouaké pour venir me saluer. Mais chef Abitho, tu n’as pas vu ça dans télévision ? (Rires) Thabo Mbéki prend son avion, il descend à Bouaké, il vient me saluer. Dominique de Villepin prend son avion, il vient à Bouaké ; Kofi Annan, Blaise Compaoré, Boni Yayi …Alors que je n’étais même pas Premier ministre. Donc, vous croyez que m’enlever au poste de Président de l’Assemblée nationale, c’est cela qui va me diminuer ? Ça ne peut rien me faire, vous vous trompez. Quand je vais finir d’aller saluer mes parents-là, ensuite Bédié – Bédié a été Président de la Côte d’Ivoire non ? Mais il est assis chez lui, c’est comme ça tout le monde sera assis un jour chez lui – quand il y a un Président en exercice, après il y a un ancien Président. Donc ceux qui pensent qu’en faisant la pluie, le beau temps, on peut détruire la terre, on est grand… Madia, viens montrer au chef Abitho la photo où j’étais assis avec des grands présidents d’Afrique, il va voir quel est ma masse volumique (rires et applaudissements).

Nous là, on a déjeuné avec Chirac à Paris. En tout cas je ne suis pas malheureux, ce qui m’intéresse, c’est la causerie que nous menons actuellement qui est bien. Vous causez avec Guillaume Soro et non avec le Président de l’Assemblée nationale, on rigole ; le poisson et l’attiéké que vous avez envoyé, on prépare, on mange ensemble (…)

 

Mais c’est Dieu qui donne les postes aux hommes, mais pourquoi vous voulez humilier les gens. On est tous dans le pays ici et vous faites comme si on n’a jamais occupé de postes de pouvoir ici. Moi, j’ai été Premier ministre sous deux Présidents ici en Côte d’Ivoire. Moi j’ai présidé plusieurs Conseils des ministres ici sous Gbagbo. Abitho, dis aux gens qui je suis, explique-leur ma masse volumique (rires et applaudissements).

Je suis libre maintenant, je vais parler mais je voulais attendre d’abord d’aller saluer mes parents, prendre leurs conseils et je reviens ; Mais ce que je veux vous dire, ne vous inquiétez pas. Quelquefois, comme les voies du Seigneur sont insondables, quand quelque chose t’arrive, tu crois que c’est pour ton malheur or en réalité Dieu veut te protéger. Donc le fait que je ne sois plus Président de l’Assemblée nationale, c’est parce que Dieu veut que je sois proche de vous, que chaque jour nous puissions nous voir. Je veux des hommes courageux, dignes.

Mais pourquoi on va vous prendre en otage ; pourquoi doit-on t’obliger à faire ce que tu n’as pas envie de faire ? Sinon on va te renvoyer de ton travail, mais ça c’est le parti-Etat. Ça, c’est avant 1990, sinon normalement personne ne doit être puni pour ses opinions politiques, ou bien ? Je vois qu’on continue de renvoyer des gens parce qu’ils ne sont pas RHDP, ce n’est pas bon cette façon de renvoyer les gens parce qu’ils ne sont pas RHDP. Ce n’est pas bon parce que si Bédié en son temps, si Gbagbo en son temps voulait renvoyer tous ceux qui n’étaient pas de leurs partis respectifs, ce n’était pas bon. Le RHDP vient d’être créé, laissez les gens militer parce que vous allez vous mentir à vous-mêmes. Vous obligez les gens à militer dedans et vous dites on est nombreux. Ce n’est pas vrai, c’est un déni. Les gens sont dedans pour protéger leurs postes, pour protéger leur gagne-pain. Ce n’est pas bon. La démocratie, c’est la liberté de militer, de s’associer, de s’organiser et moi je ne suis pas d’accord avec cette manière de faire.

C’est dangereux parce que hier, dans des villes et dans des villages, Issiaka, il faut que je dénonce ça ! Des députés se lèvent au nom du RHDP pour aller réunir les chefs des communautés du nord pour dire aux chefs des communautés du Nord qu’Alassane vient de créer le RHDP, c’est le parti des nordistes et que Guillaume Soro veut prendre le pouvoir du nord pour aller donner à Bédié qui est baoulé. Comment en 2019, on peut tenir de tels propos ? Je ne vais pas me taire là-dessus, il faut qu’ils arrêtent cette manipulation.

Ah bon, ils disent que quand Bédié était au pouvoir, tous les baoulés soutenaient Bédié, aucun baoulé n’était contre Bédié ; aussi quand Gbagbo est venu au pouvoir, tous les bétés soutenaient Gbagbo. Aucun bété n’était contre Gbagbo et que maintenant qu’Alassane est au pouvoir, ce sont les nordistes même qui se lèvent pour se plaindre. C’est faux et à deux titres, d’abord c’est un premier mensonge. Quand Bédié était au pouvoir, il y avait de grands baoulés qui étaient contre Bédié, il y avait Georges Koffi de la RTI, vous vous souvenez ? il critiquait bien Bédié ; il y avait Amani Michel qui était ministre de l’Education, il était baoulé, mais il n’était pas avec Bédié. Il y a même mon ami Eugene Djué. Il y avait donc des baoulés pour dire non à Bédié, donc ne venez pas nous mentir pour dire que tous les baoulés étaient derrière Bédié, c’est faux. Quand Gbagbo était au pouvoir, ne venez pas nous mentir que tous les bétés étaient derrière Gbagbo. Il y avait des bétés qui ont combattu Gbagbo, Guédé Guinan n’est pas bété ? Il ne combattait pas Gbagbo ? Dakoury Tabley, lui-même, il a fait rébellion contre Gbagbo, pourquoi vous voulez nous mentir ou bien vous pensez qu’on n’est bêtes, on n’était pas ici dans ce pays ?

Qu’ils arrêtent d’intoxiquer les chefs du nord en les mettant en mission pour dire à Guillaume Soro que sa maison c’est le RHDP. Voilà ma maison où vous êtes assis ! Toujours c’est moi je vais aller rentrer dans pari des gens, si je crée pour moi je ne suis pas assis dedans tranquillement (applaudissements). Donc, moi je suis là seulement pour rentrer dans parti des gens. Hein, je suis là pour aller chez les gens ! Non, vous avez créé votre RHDP, allez avec. Moi, je ne suis pas dedans.

Et puis ce n’est même pas gentil, Guillaume veut prendre le pouvoir du nord pour aller donner à Bédié, mais le nord a quel pouvoir ? Le pouvoir-là n’appartient pas à une région ; le pouvoir appartient avant tout au peuple. Mais qui peut avoir une telle conception ? Oui, telle région a le pouvoir, qu’est-ce que ça veut dire ? C’est dangereux et c’est pourquoi je m’en vais à Ferké, je vais parler à mes parents.

Comme je leur ai dit la dernière fois, je suis fils du nord de la Côte d’Ivoire et je le revendique, mon père est né au nord, ma mère est née au nord, moi-même je suis né au nord, mon cordon ombilical est enterré à Kofiplé au Nord, personne ne peut me le contester dans ce pays en Côte d’Ivoire. Donc, personne ne peut revendiquer le nord plus que moi sinon tout autant que moi.

Le pouvoir au nord, ça veut dire quoi le pouvoir au nord ? Regardez-moi ça ! Arrêtons ce jeu parce qu’à continuer ce jeu… allez rassemblez les chefs originaires du nord pour leur dire : ‘’oui, venez au RHDP, Guillaume veut donner le pouvoir à Bédié’’, parce qu’on a surpris un député en train de le faire, Issiaka était là-bas. Et on a surpris d’autres députés à Boundiali en train de le faire, arrêtez-ça, arrêtez-ça. Si vous avez des projets de société, proposez-les aux ivoiriens, mais allez rassembler les chefs du nord pour leur mentir, pourquoi je vais prendre le pouvoir pour aller donner à Bédié ? Moi-même si je prends le pouvoir et je le garde, est-ce que ce n’est pas bon pour moi, donc moi je ne ressemble pas à Président aussi ? (Rires et applaudissements) Où bien chef Abitho ? (Qui acquiesce). Voilà, le chef Abitho même vient de dire la vérité ! (Applaudissements)

Vous savez c’est comme ça on monte les gens et puis après, on brûle un pays. Moi en tout cas le combat que j’ai mené, ce n’était pas pour aller prendre le pouvoir pour donner au nord exclusivement. Le combat que nous avons mené, c’était pour revendiquer le droit de vivre sur la terre ivoirienne qui est la terre de nos ancêtres avec tous nos frères et sœurs de Côte d’Ivoire. Nous voulions vivre, je voulais que le senoufo vive avec l’ébrié, avec l’agni, le bété, la malinké, le baoulé ; mais ce n’était pas pour que le senoufo prenne le pouvoir et qu’il chasse tous les autres et qu’il règne en maitre sur toutes les autres ethnies.

Donc Chef Abitho, affaire de garder le pouvoir au nord, moi je ne suis pas dedans. Moi, pour être Président dans un pays, c’est la relation de confiance entre tout un peuple et une personne. Tu peux être ébrié, tu es candidat ; moi Guillaume du nord, tu me séduits par ton discours, par ta compétence, ta qualité, je te vote parce que tu es ivoirien comme moi, c’est tout. Tu es baoulé, tu es agni, tu es godié, tu viens et tu fais des propositions concrètes au pays je te vote. Mais je ne vais pas voter un homme du nord parce qu’il est du nord ; est-ce que c’est ça qui développe un pays ?

Donc, ceux qui sont en mission au nord pensant qu’ils vont monter les populations contre moi, ils se trompent. Même au temps d’Houphouët-Boigny qui était demi-Dieu en Afrique et Dieu en Côte d’Ivoire-là, on n’a pas pu monter Mama contre Gbagbo. Donc ils se fatiguent.

Rassurez-vous, nous allons nous parler dans ce pays-là. Moi je suis du nord, je revendique Ferké, je vais aller là-bas. Mais toutes les autres régions m’ont adopté. Quand je vais chez les agnis indenié, je suis Roi, Amoikon Diyé ; chez les agni Sanwi, je suis adopté là-bas parce que je suis avec les populations. Et mon discours est rassembleur, je ne dis pas : ‘’ restons au nord pour garder le pouvoir, on va diriger éternellement’’, non arrêtons ça, parce que ces discours sont dangereux pour le pays. Vous allez continuer à parler du nord, du nord, vous allez liguer toutes les autres régions contre le nord. Faites très attention à ce discours que vous tenez. Il n’y a pas que le nord en Côte d’Ivoire.

Mais attendez le député Issiaka Fofana, est-ce qu’il est baoulé ? Est-ce que c’est un Président Baoulé qui l’a renvoyé de son poste ? Est-ce que c’est Gbagbo qui l’a renvoyé ? Gbagbo était là, il ne nous renvoyait pas. On travaillait. Moi, le matin j’insultais Gbagbo sur RFI, disons – nous la vérité. Le matin à 6h30, j’insulte Gbagbo : ‘’ Gbagbo c’est un boulanger, un roublard’ ; à 10 h je suis assis en salle du Conseil ; je me demande quel regard Gbagbo va me réserver ; il vient, il me salue. Il dit ; ’’Guillaume, ça va ? ‘’ Et on s’assoie pour faire le Conseil des ministres. Est-ce qu’aujourd’hui, tu peux dire quelque chose le matin et puis, tu ne vas même pas arriver dans la salle du Conseil des ministres… (Rires) ou bien, disons-nous la vérité !

Abitho disons-nous la vérité comme c’est causerie, ce n’est pas discours, c’est ce qui vient qu’on dit. Et c’est ça le problème. Il reste 20 mois, n’est-ce pas, pour arriver en 2020 donc faisons l’effort d’être humbles, de nous aimer. Ce n’est pas la peine de mettre la tension dans le pays. Mais moi, j’ai sacrifié mon poste pour qu’il y ait la paix et je suis venu m’asseoir ici, ce n’est pas fini ? Il ne reste que 20 mois pour les élections en 2020 donc pourquoi on doit chauffer le pays, pourquoi on doit mettre la tension dans le pays ? Pourquoi on va aller renvoyer les gens de leur travail ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?

Chacun comme moi, j’invite les autres, si vraiment leur poste est en cause, ils n’ont qu’à démissionner tranquillement et puis ils s’en vont chez eux. Mais vous voulez vous agripper à votre poste pour détruire le pays. Donc, j’invite tous les autres qui ont été élus comme moi, si vraiment les ivoiriens disent on ne veut pas de vous, il faut démissionner aussi. Moi, j’ai démissionné, est-ce que je suis mort ? Je suis assis ici. Hier même j’ai joué au ludo, il y a longtemps je n’avais pas fait ça (rires). Je n’ai plus de pression.

Ce que je suis venu vous dire ce soir, Merci, vous êtes courageux parce qu’en ces moments, venir chez moi il faut être courageux. Dans la nuit d’aujourd’hui, vous aurez certainement des émissaires chez vous pour vous tirer les oreilles.Tout cela est passager, il y a d’autres qui nous ont menacés plus que ça. Et puis la vie a continué. Restez sereins, n’arrive à l’homme que ce que Dieu permet, n’ayez pas peur et chacun doit assumer son destin. Si ton destin c’est de mourir en prison, tu meurs en prison. Si ton destin est de mourir dans ton lit, tu meurs dans ton lit. Donc n’ayez pas peur, allez dire à ceux qui ont eu peur de venir avec vous que vous êtes venus chez moi et que vous y êtes retournés vivants. C’est cela démocratie, c’est cela la paix.

Deuxième chose que je suis venu vous dire. C’est qu’il faut que vous croyiez en la Réconciliation et en la Paix. Il faut que vous soyez des agents de Paix et de Réconciliation. Allez dire à vos populations que chaque citoyen est libre de militer dans le Parti qu’il souhaite. C’est pour cela que je demande à mes parents du nord d’arrêter la manipulation pour dire : ‘’ Oui le nord, le nord, le nord’’, n’indexez pas le nord ! Parce que les autres régions ne nous ont rien fait. On est en train de mentir pour dire : ‘’ Oui, les autres veulent nous tuer ‘’. Soro Kognon qui a été tué à Korhogo-là, est-ce que c’est à Mama chez Gbagbo, il a été tué ? Est-ce que c’est à Daoukro chez Bédié qu’il a été tué ? Soul to Soul qui a été en prison… mais attends je vais vous faire une confidence sur Soul to Soul. Soul to Soul n’était pas dans le corps des ambassadeurs, le seul bic qui a signé le décret pour mettre Soul dans le corps des ambassadeurs, c’est le bic de Gbagbo et pourtant on était en adversité ; je ne le dis pas non plus parce que j’aime Gbagbo ou que je n’aime pas Gbagbo. Méité Sindou qui était le grand patron du Patriote, le seul bic qui l’a nommé c’était Gbagbo, le seul bic qui l’a renvoyé c’était qui, après tout le travail qu’il a fait au patriote ? Parce qu’il y a deux bics : un bic pour nommer et un autre pour te renvoyer. Le bic qui l’a renvoyé, qui a tenu le bic ? Mais Médité Sindou est-ce que c’est un bété ? Vous dites de garder le pouvoir au nord mais si c’est le pouvoir du nord même qui renvoie tous les fils du nord et qui met tous les fils du nord en prison, on va dire quoi ? Au moins si ce sont les autres qui nous renvoyaient ou qui nous mettaient en prison, on allait dire : ‘’ eh, les bétés sont contre nous ils veulent nous tuer, les bétés ont fait ceci cela’’ ; mais qui nous a fait ça ? C’est notre propre pouvoir du nord qui nous a renvoyés, qui nous a mis en prison ou bien ? Et puis vous allez venir nous blaguer encore ? Premier ‘’ blaguément’’, c’était ‘’blaguèment’’, mais deuxième-là on ne peut pas accepter.

Chers parents, je vous remercie, c’est cette petite causerie que je voulais faire avec vous. Je suis content pour les présents que vous m’avez donné ; je suis très heureux pour ce que vous êtes venus faire. Guillaume Soro est là, il est serein et il va continuer. Vous avez vu que j’ai créé le Comité politique. Chef Abitho, je te confie le Comité politique, priez pour lui. Priez pour le petit Comité politique. C’est petit comme ça, le nom même n’est pas long, ça s’appelle ‘’ CP’’ (rires). C’est court comme ça, ça s’appelle ‘’CP’’ parce que nous on ne cherche pas palabre longtemps. D’ailleurs quand tu dois aller à l’école, tu commences par CP (cours préparatoire), CP1, CP2 et après tu fais CE1, CE2, voilà. Donc pour nous, c’est CP, comité politique ; on va voir Dieu est grand. Si vous le portez en prières et avec vos bénédictions, on verra Dieu est grand. Dans ce pays-là, on va parler et on va se parler et on va avancer. La Côte d’Ivoire nous appartient à nous tous.

Merci d’être venus !

 

Vive la Paix en Côte d’Ivoire, vive la Réconciliation, vive notre pays réconcilié et prospère !

Je vous remercie.

Propos recueillis et retranscrits par Louis Konan


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