12 novembre 2018
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Le héros Soro Kognon enfin inhumé
leçons ultimes d’un crime ciblé contre le mouvement soroiste

L’Editorial de Franklin Nyamsi Wa Kamerun

Professeur agrégé de philosophie

Paris-France


Dans la tristesse profonde, l’honneur et la dignité, en présence solidaire et solennelle du Président de l’Assemblée Nationale Guillaume Kigbafori Soro, le jeune citoyen Noël Soro Kognon, membre du RACI assassiné le 7 juillet 2018 par des militants de la section RJR de Korhogo, a été porté en terre au cimetière catholique de la même ville. Enfin ! En effet, triste évidence : Noël Soro Kognon ne fêtera pas noël 2018 parmi les siens. L’ignominie innommable de son assassinat en plein jour marquera à jamais par son symbolisme sacrificiel, la marche inexorable du mouvement soroiste vers la réalisation effective de l’Etat de droit en Côte d’Ivoire. Mais, du fond de ce malheur qui nous noue encore les tripes, méditons froidement sur l’avenir que cet événement nous propose. Dans les lignes qui suivent, je voudrais justement répondre, devant ce drame confirmé et désormais archivé dans la mémoire vive de la lutte démocratique ivoirienne, à trois questions qui hantent inévitablement tout esprit alerte : 1) Pourquoi, diantre, ce jeune homme a-t-il été tué, et que signifie la vaine et cynique détention de son corps quatre mois après sa mort, avec la tacite approbation des plus hautes autorités exécutives de l’Etat de Côte d’Ivoire ? 2) Où a été tué Noël Soro Kognon et que nous enseigne cette localisation précise du crime ? 3) Peut-on encore, après le crime ignoble commis contre ce jeune ivoirien, prétendre que les Ivoiriens du Nord seraient victimes de l’ivoirité des gens du centre et du sud, comme ce fut le cas dans les années 90 ou dans la première décennie des années 2000 ?

Un message de Terreur envoyé par les propriétaires autoproclamés du Nord Ivoirien…

 Disons-le tout net : le jeune Noël Soro Kognon a été tué par des individus agissant au nom des barons du RDR dans la ville de Korhogo. Ces individus, clairement identifiés comme membres d’une section de ce parti, ont été arrêtés, puis déférés depuis lors dans une supposée prison du sud du pays où ils se sont comme par miracle, évanouis dans la nature, puisqu’à ce jour, aucun procès n’a été ouvert pour leur faire publiquement avouer leur forfait, révéler personnellement leurs commanditaires avérés et purger des peines exemplaires, avec leurs cyniques envoyeurs. La réunion du RACI qui devait se tenir en effet ce 7 juillet 2018 à Korhogo, avait clairement été perçue par de nombreuses autorités de la ville, mais aussi par le Clan qui la contrôle, comme une provocation à laquelle il fallait, croyait-on, répondre par la manière la plus forte possible. Soro Kognon a donc été tué parce que le Clan qui contrôle la ville de Korhogo voulait envoyer un message de Terreur sans ambages aux jeunes ivoiriens qui s’engagent dans la marche générationnelle et démocratique incarnée par le Leader Guillaume Kigbafori Soro. En impactant le psychisme des mouvements soroistes par ce crime à ciel ouvert, on a clairement envoyé un message à tous les ivoiriens qui s’exerceraient à contester démocratiquement l’hégémonie autoproclamée du RDR dans le Nord de la Côte d’Ivoire. Quel message donc ?

Le voici, en lettres de sang et de sueur dégoulinant du corps déchiqueté de Soro Kognon : « Regardez bien comment nous tuons votre soi-disant militant du RACI ! Si vous osez, vous aussi, nous contester dans notre sacro-saint sanctuaire politique du Nord, nous vous tuerons tous ou un par un ! Dans le Nord, selon nous, la soi-disant « démocratie » ne doit avoir qu’un seul sens : la prépondérance du RDR. » Pis encore, la détention éhontée du corps de Soro Kognon pendant près de 4 mois entiers, par les autorités judiciaires stipendiées par le Clan commanditaire du crime, est aussi porteuse du même macabre message : « Nous vous donnerons ce corps quand nous le voudrons et nous n’en ferons aucune autopsie ! Nous vous démontrerons ainsi notre puissance, notre droit de vie et de mort sur chacun de ceux qui contesteront notre hégémonie politique sur le Nord ! Vivants, nous vous écraserons ! Morts, nous vous confisquerons ! »

II

Korhogo : le lieu et l’origine du crime nous parlent naturellement…

 Disons-le tout net encore. Le jeune Noël Soro Kognon n’a pas été tué à Mama, dans le fief du Président Laurent Gbagbo. Nul ne peut ici accuser le leader frontiste et ses partisans d’avoir commis le forfait tragique du 7 juillet 2018 ! Nul ne peut attribuer ce crime odieux à ceux qu’on nommait – de triste mémoire - dans les années 2003-2004, les Escadrons de la Mort. Soro Kognon n’a pas non plus été tué à Daoukro, dans le fief du Président Bédié. Aucun délirant, fût-il un génie du parallélisme illogique ou de l’art des parallaxes fumeux, ne peut attribuer la mort de Noël Soro Kognon au PDCI-RDA, auquel on a pu reprocher autrefois d’avoir contribué dans les années 90 à l’émergence de l’idéologie discriminatoire de l’ivoirité. Alors, que nous dit le lieu d’origine du crime perpétué contre Soro Kognon ?

 C’est le Clan de Korhogo qui a ordonné la mise à mort de ce jeune homme. Notre jeune héros a payé pour tous les esprits libres mobilisés ce jour-là à Korhogo par l’intrépide député Mamadou Kanigui Soro, Président du RACI. IL a payé pour avoir été de ceux qui croient que Guillaume Soro, Président d’honneur du RACI est, au cœur du Nord de la Côte d’Ivoire actuelle, l’emblème de l’union transreligieuse, transethnique, sous l’égide sacrée du pardon et de la réconciliation, de tous les Ivoiriens. Et Korhogo n’est dirigée ni par le FPI, ni par le PDCI-RDA, mais par l’ex-parti RDR.

Soro Kognon est donc le premier jeune martyr de la liberté d’association, de la liberté de réunion, de la liberté d’opinion politique sous la gouvernance du RDR dans le Nord de la Côte d’Ivoire. Il est mort pour avoir osé incarner, avec ses camarades du RACI, le droit de tous les citoyens de vivre librement leurs engagements militants sur toute l’étendue du territoire national ivoirien.

III

Un crime qui signe l’émergence de l’ivoirité à l’envers en Côte d’Ivoire…

 Incontestablement donc, reconnaissons que ce crime du 7 juillet 2018 a signé la montée en puissance d’une nouvelle forme d’ivoirité, pratiquée par certains extrémistes de l’ex-RDR. Elle consiste prioritairement à exclure de façon abrupte, par la force, la ruse, le pouvoir de nomination et de limogeage, la corruption et même le crime de sang tout net, tout ivoirien du Nord qui s’opposerait à l’hégémonie aveugle de l’élite de cette formation politique sur le Nord ivoirien. L’ivoirité à l’envers consiste ensuite, pour ceux-là mêmes qui furent violemment traités d’étrangers dans ce pays, à traiter tous ceux qui les contestent légitimement comme des ennemis jurés, des hommes et femmes à abattre, des maudits, renégats, traîtres et bâtards à plusieurs pères.

 Ainsi donc, monte des officines assassines qui ont versé le sang de Noël Soro Kognon, un hymne cynique à l’esprit moutonnier. On croit pouvoir tromper les ressortissants du Nord pour pouvoir garder la mainmise absolue sur les « bétails électoraux » supposés du Nord. On croit pouvoir, tranquillement, faire croire encore aujourd’hui aux ressortissants du Nord ivoirien, qu’il y aurait un nouveau projet de les exclure du jeu politique national, si jamais le RDR-RHDP perdait le pouvoir. Or tout cela n’est point vrai. Tout cela n’est plus que du pipeau ! Guillaume Soro et les combattants de la liberté des années 2000 ont obtenu le droit de tous les Ivoiriens d’être traités en Ivoiriens chez eux, mais aussi le droit de tous les étrangers d’être traités en frères d’humanité en Côte d’Ivoire ! Qu’on ne nous ramène pas dans un rétropédalage mensonger de l’Histoire. Ce n’est pas à Mama, ce n’est pas à Daoukro qu’on a tué Soro Kognon, mais derechef, à Korhogo ! Il a été tué à Korhogo par le Clan dominant Korhogo !

 Conclusions de la chose ? La bataille politique qui s’annonce à l’horizon 2020 ne sera pas une bataille politique de l’ivoirité, contrairement à ce que les nouveaux manœuvriers de l’ivoirité à l’envers de l’ex-RDR veulent nous faire croire. Ce sera plutôt une bataille de l’alternance démocratique et générationnelle, et non une bataille de l’ethnicisme archaïque du passé. En restant chevillé à la lutte citoyenne pacifique, en prônant contre vents et marées la voie démocratique d’accès au pouvoir comme unique voie du succès de son pays, Guillaume Soro a clairement indiqué et continue de prouver au jour le jour que la paix est loin d’être devenue pour lui un simple slogan. Au contraire, le Leader Générationnel, loin des calculs nordo-nordistes, pense et respire Côte d’Ivoire. Sa source d’inspiration constante est le désir d’une paix juste, d’une stabilité véritable, d’un pays protégé et sublimé par la pratique de l’équité et par le génie de l’effort. Il porte sur ses épaules la responsabilité historique de donner sens immortel au sacrifice de Soro Kognon en portant la République de Côte d’Ivoire vers de nouvelles aurores de liberté, de bien-être et de solidarité collective ! Et voilà pourquoi dans la paix et la prière, dans l’humilité et la sérénité, le Leader Générationnel Guillaume Soro s’est personnellement rendu auprès du tertre éternel du Héros Soro Kognon, appeler au rassemblement de toutes les énergies vertueuses pour le salut de la Grande Côte d’Ivoire. Paix et espérance, ô glorieux mort ! Nous avons désormais la lourde tâche, si Dieu le veut, de sublimer ta mémoire et de l’ennoblir. Nous n’abdiquerons point !


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