28 avril 2017
Egypte
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Le PAN Guillaume Soro accorde une interview à une chaîne de télévision locale

En fin de mission officielle en Egypte, le Président de l’Assemblée nationale, SEM Guillaume Soro, a accordé, ce vendredi 28 avril 2017, une interview à une chaîne de télévision égyptienne. Il revient largement sur le bilan de sa mission en Egypte en 2013 lorsqu’il avait été désigné chef de mission d’information et de contact par le Secrétaire général de l’OIF d’alors, Abdou Diouf.


Ci-dessous de larges extraits des échanges :
Guillaume Soro : Merci pour l’accueil qui nous a été réservé. Je suis ici à l’invitation de mon homologue, le Président du Parlement égyptien, à venir visiter non seulement l’Egypte mais aussi à avoir une séance de travail afin de voir comment consolider les relations entre nos deux parlements. Je pense que c’est une initiative importante parce que vous savez que les parlements ont vocation désormais de se retrouver parce qu’on s’est rendu compte que si au niveau des exécutifs, les chefs d’Etats, les gouvernements, il y a ce rapprochement, les députés qui sont par excellence les représentants du Peuple, il faut aussi qu’il y ait ce rapprochement à la base. Et c’est ce que nous nous attelons à construire

Journaliste égyptienne : Le Président du Parlement égyptien est pressenti pour être le Président des parlements africains, de quoi est-il question exactement ?

Guillaume Soro : Alors il y a que le Parlement afro-arabe qui doit se tenir bientôt ici en Egypte. Evidemment dans le cadre des relations bilatérales entre le Parlement ivoirien et le Parlement égyptien, nous avons eu l’occasion d’échanger sur la marche de nos parlements et sur la solidarité et l’entraide que nous devons avoir. Donc le Parlement ivoirien soutient le Parlement égyptien. Et cela me parait important et j’insiste là - dessus. C’est pour cela que nous avons ensemble convenu de privilégier, de renforcer les relations sud-sud. Il faut que l’Afrique apprenne à être solidaire, apprenne à s’entraider. Donc dans ce cadre- là, vous avez au sein du Parlement égyptien un responsable chargé des relations avec les parlements africains, qui va se présenter dans le cadre du Parlement panafricain, et nous lui avons assuré de tout notre soutien.

Journaliste égyptienne : On reviendra à ce groupe de parlements africains et arabe. Mais avant de poursuivre, on aimerait mieux vous connaître, mieux connaître votre profil et les positions que vous avez occupées parce que vous avez eu d’importants postes de responsabilités dans votre pays. Aussi vous avez mené d’importantes missions ici en Egypte en 2013.

Guillaume Soro : D’accord, disons que je suis Guillaume Soro, comme vous l’aviez mentionné en début d’émission. J’ai exercé effectivement dans le gouvernement ivoirien et à l’époque, j’ai été Premier ministre et chef du gouvernement. C’est comme ça que de façon pratique je suis venu ici en Egypte à Charm-El-Cheikh dans le cadre du sommet Sino-Afrique. A l’époque, c’était le Premier ministre Chinois Wen Jiabao qui avait réuni plusieurs pays africains dont l’Egypte et la Côte d’Ivoire. Je suis donc venu et j’ai rencontré mon homologue, le Premier ministre égyptien. Ensuite en 2013, j’ai effectué mon second voyage ici en Egypte. Cette fois, la Francophonie qui est une organisation internationale, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), qui à l’époque était dirigée par le Président Abdou Diouf, m’avait désigné en qualité de chef de mission pour venir en Egypte au lendemain de ce qui avait été convenu d’appeler la Révolution, la deuxième Révolution égyptienne. Nous avons fait un travail de médiation, d’enquête. Nous avons rencontré toutes les autorités politiques. Nous avons rencontré aussi l’opposition politique notamment les Frères musulmans. A notre retour, nous avons fait un rapport fidèle à l’Organisation Internationale de la Francophonie.
Pour faire court, la conclusion du rapport était que, au lieu de vouloir imposer des sanctions internationales à l’Egypte, nous pensons nous, qu’il vaut mieux engager le dialogue avec les autorités, les aider à aller et à emprunter le tunnel de la Réconciliation. Je pense que ce rapport a été déterminant d’autant plus qu’à Paris, quand nous sommes arrivés pour rendre compte aux Instances de la Francophonie, notre rapport a été adopté à l’unanimité et nous avons saisi les autres organisations internationales comme l’ONU et l’Union Africaine pour ne pas que l’Egypte subisse des sanctions.

Journaliste égyptienne : Qu’est-ce que vous avez remarqué en Egypte en ce moment, qu’est-ce qui vous a poussé à rédiger un tel rapport, qui bien entendu était très juste pour l’Egypte ?

Guillaume Soro : Disons qu’à cette époque, après avoir rencontré et le Président de Transition, je crois bien M. Mansour et tous les différents responsables aussi bien de la Communauté Copte Chrétienne, des jeunes de Tamarod et autres, ce qui m’a frappé c’est l’amour que tous avaient pour leur pays. Et chacun était convaincu qu’effectivement l’action qu’il posait était dans l’intérêt de l’Egypte. A partir de ce moment-là, nous avons constaté que tous les acteurs avaient l’amour de la patrie et que tous les acteurs étaient dans des dispositions à aller de l’avant. Rien ne servait de chercher à punir ce peuple parce que de toute façon, toutes les sanctions qu’on imposera à l’Egypte, c’est le peuple qui n’a rien demandé qui paierait les frais. Or si la Communauté internationale encourage les différentes parties opposées, rivales ou adversaires à discuter, à dialoguer, nous avons estimé à l’époque que cela pourrait être la seule voie à tirer l’Egypte vers le haut, et d’aider l’Egypte à tirer les ressources internes pour avancer. Vous savez que l’Egypte est un grand pays avec aujourd’hui une population avoisinant les 100 millions d’habitants, plus d’un million de km² de superficie, c’est un grand pays qui compte en Afrique et qui dans son histoire et celle du continent, a marqué les civilisations. Il était donc de notre devoir en tant qu’Africains d’être aux côtés de l’Egypte.

Propos retranscrits par Louis Konan


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