29 janvier 2018
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La valeur du silence chez Guillaume SORO

« Quand on rentre dans le bois sacré, quand on ressort du bois sacré, c’est la loi du silence sur le secret et la vie », a laissé entendre le Chef du Parlement. C’était samedi 27 janvier 2018 au cours d’une cérémonie de son intégration à la génération Tchagba Djehou du village Abatta dans le district d’Abidjan. Quelle est donc la valeur du silence, selon lui, dans les sociétés ethno-tribales africaines en général et chez les Sénoufo-niarafolo en particulier ?


Les différents types de silence

Le silence inconscient ou le silence comme manque : A travers ce type de silence, au fur et mesure qu’une communication commence à s’établir, l’oral devient plus rare, comme s’il démontrait son inutilité et que là où il reste nécessaire, il laisse toujours paraître quelque grossièreté : Ainsi voit-on que celui qui cherche à convaincre s’acharne à parler, mais il se tait quand il est convaincu. Ce silence est interprété comme manque et ignorance.

Le silence ascétique. C’est par lui que la vérité se découvre. Il écoute au lieu de parler. Ce silence est un silence d’élection : il ne s’agit point de garder pour soi le privilège de quelques connaissances qui nous assureraient une certaine supériorité sur les autres hommes et que nous perdrions aussitôt si nous acceptions de les partager ; il s’agit plutôt d’un silence qui dévoile le vrai à l’instar du silence du poro.

La valeur du silence

Selon Guillaume SORO, après l’initiation au poro, cette sortie de l’invisible vers le visible, le silence doit être de mise car la véritable intelligence est silencieuse. De ce fait, les maîtres de la parole qui étaient les maîtres de la vérité, ne le sont plus face au silence du poro. La parole est devenue alors le symptôme d’une déchéance, de l’extrême dénuement, le signe de notre complicité avec cette subjectivité absolue. Il ne nous reste qu’à nous taire. Préconisant le silence, Maurice Blanchot dans son œuvre intitulé ‘’L’arrêt de mort’’ confie qu’« avoir perdu le silence, le regret que j’en éprouve est une mesure. Je ne puis dire quel malheur envahit l’Homme qui, une fois prit la parole. Malheur immobile, lui-même voué au mutisme ». Et Selon Philippe Perrot dans la préface de ‘’La parole et l’écriture’’ de l’écrivain Louis Lavelle, « on peut mesurer le sérieux d’une philosophie à l’accueil qu’elle réserve au silence ».

D’ailleurs les pythagoriciens et les sages de l’Égypte honoraient Dieu par le silence. C’est bien parce que le silence nous met en présence de la vérité, de Dieu que les Anciens l’adoraient comme un Dieu. Si donc le discours silencieux nous enjoint de faire corps avec la vérité, seule l’écoute détachée, le silence attentif peut nous permettre de nous en approcher, de communier dans l’absolue connaissance de nous-mêmes et de l’univers. Ainsi, nous apprendrons à être moins bavard et plus attentifs, à écouter les ‘’rumeurs’’ de ce grand silence que le philosophe chinois Lao-Tseu prenait pour la mère de l’univers, à nous enjoindre au respect de ce silence oraculaire en nous soustrayant au bavardage et à l’équivoque, à nous élever à la sublimité.

« Monsieur le Président, seriez-vous candidat en 2020 ? », demanda un internaute le 9 octobre 2017 à l’occasion d’une question orale à l’Assemblée nationale à laquelle ont pris part 250 jeunes actifs des réseaux sociaux.

« 2020 est encore loin. Je suis un homme de mission et je n’ai même pas encore terminé la mission qu’on m’a donnée à l’Assemblée nationale. Je me préoccupe actuellement de gérer l’Assemblée nationale. Pour l’heure, 2020 n’est pas ma préoccupation », coupa Guillaume SORO, tout en gardant un silence ascétique qui dévoilera la vérité sur sa probable candidature ou non à la présidentielle de 2020.

BAMBA Soualo


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