30 juin 2017
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L’An 10 de l’attentat du Fokker 100 : Les religieux et le président de l’amicale des victimes donnent un sens à la commémoration

Le 29 juin 2007, le Fokker 100 qui transportait le Premier ministre d’alors Guillaume SORO et plus d’une quarantaine de personnes a été victime d’un attentat à l’aéroport de Bouaké. Une cérémonie commémorant les dix ans de ce drame qui a fait quatre morts et plusieurs blessés a eu lieu ce jeudi 29 juin 2017 à Bingerville. Après la cérémonie, les hommes de Dieu qui ont prié pour son bon déroulement ainsi que le président de l’amical des victimes ont bien voulu partager leurs sentiments.


Imam Mamadou Dosso : (Membre du Forum national des Confessions religieuses) : « j’encourage les membres de l’Amicale du Fokker 100 à continuer de penser à eux, pas annuellement, mais quotidiennement »

« Pour nous religieux, la mort est l’affaire des vivants. Parce que ce sont les vivants qui intercèdent auprès de Dieu et ce sont les vivants qui font des témoignages. Nous sommes ici par devoir religieux dans le cadre du Forum national des Confessions religieuses de Côte d’Ivoire. Nous encourageons les membres de l’Amicale du Fokker 100 mais en même temps, nous compatissons à la douleur des familles, et des amis des disparus. Leur dire que Dieu a un plan qui n’est pas celui des hommes. Il rappelle à lui celui qu’il veut et quand il veut. C’est selon sa volonté. Chacun de nous aura son tour. C’est pour cela en islam, il est dit que ‘’chaque âme goûtera à la mort’’. Le tour de nos frères c’était le 29 juin 2007. Nous ne savons pas quand sera notre tour. C’est pour cela, j’encourage les initiateurs de cette cérémonie à continuer de penser à eux, pas annuellement, mais de penser à eux quotidiennement d’ailleurs. Parce que ce qui profite au mort, c’est ce qu’il a posé avant sa mort, notamment l’éducation religieuse qu’il donne à sa descendance. Il nous revient, à nous qui sommes restés après eux, de continuer à prier pour le repos de leur âme et pour que Dieu leur fasse miséricorde. C’est le sentiment que le Forum des confessions a eu en venant ici par devoir religieux. Que Dieu leur fasse miséricorde ».
Pasteur Zunon : « Il faut continuer de penser à ceux qui sont décédés. Parce qu’ils sont partis travailler pour le pays et ils ont trouvé la mort »

 « La Bible dit ceci : « pleurez avec ceux qui pleurent et réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent ». Cela fait 10 ans que cela s’est passé, donc il y a des cœurs qui sont encore meurtris. C’est notre devoir de venir parler à ces meurtris, pour leur dire que rien ne peut arriver si Dieu ne l’a pas permis. Dieu sait pourquoi il l’a fait. Il a un plan de vie pour chacun de nous. Que les victimes et leurs parents s’en tiennent à cela. Que les organisateurs de la cérémonie continuent de penser à ceux qui sont décédés. Parce qu’ils sont partis travailler pour le pays et ils ont trouvé la mort, il ne faudrait pas qu’on les oublie ».
M. Konaté Siratigui : (président de l’amicale des rescapés du Fokker 100) : « il était bon que nous priions pour ces personnes, ils étaient en mission pour la Côte d’Ivoire »
« Dans toute société humaine, lorsque nous perdons un parent, un être qui nous est cher et à la date commémorative, il est de coutume dans ces différentes sociétés de marquer un arrêt pour prier pour le repos de l’âme des morts. Vu les conditions dans lesquelles ces personnes sont décédées le 29 juin 2007, il était bon qu’on commémore. Chaque fois que nous aurons l’occasion, nous allons organiser cette cérémonie pour prier l’âme de nos défunts, prier aussi pour les survivants et prier également pour la paix en Côte d’Ivoire. Ces personnes qui sont parties d’Abidjan pour Bouaké étaient en mission pour la Côte d’Ivoire ; il était bon que nous priions pour ces personnes. Et cette année, nous avons placé cette célébration sous le sceau du pardon et de la réconciliation. Il ne faut pas toujours continuer à remuer le couteau dans les plaies. A un moment donné il faut s’arrêter et il est bon aussi qu’on puisse pardonner. Notre Président d’honneur qui est le Président de l’Assemblée nationale, Guillaume Kigbafori SORO, qui, lors de son discours d’ouverture de la session ordinaire, a décidé de mettre cette année sous le sceau du pardon et de la réconciliation. Nous, en tant qu’amicale, nous l’avons choisi délibération comme Président d’honneur, il était normal que nous emboitions le pas sur ce chemin du pardon et de la réconciliation ».
Propos recueillis et retranscrits par Maiga Idrissa


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