29 juin 2018
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29 juin
Konaté SIRATIGUI (Président de l’Amicale des victimes du Fokker 100) : « La date du 29 juin est trop importante dans l’histoire de la Côte d’Ivoire » 

M. Konaté SIRATIGUI est le Président de l’Amicale des victimes du Fokker 100. Il reste confiant quant à la commémoration de la date du 29 juin qui a vu l’attentat contre l’avion qui transportait Guillaume SORO alors Premier ministre à son atterrissage en juin 2007 à l’aéroport de Bouaké. Pour Konaté SIRATIGUI cette date doit compter pour la Côte d’Ivoire. Mieux, le président de l’Amicale des victimes du Fokker 100 attend beaucoup des autorités ivoiriennes, afin que les victimes qui étaient en mission d’Etat ne soient pas des laissés-pour-compte.


Monsieur le Président de l’Amicale des victimes du Fokker 100, le 29 juin marque l’attentat contre le Fokker 100 qui transportait Guillaume SORO vers Bouaké avec à son bord de nombreuses personnes dont vous-même. A la différence des autres années où nous avions l’habitude de voir une cérémonie d’une certaine dimension, l’édition 2018 semble se commémorer dans les cœurs et dans les esprits. Si tel n’est pas le cas comment avez-vous décidé de marquer le 29 juin 2018 ?

 

KS : La date du 29 juin est trop importante dans l’histoire de la Côte d’Ivoire pour qu’elle passe sous silence. Sauf qu’à la différence des autres années, nous n’avons pas souhaité de rassemblement. Nous avons produit une déclaration pour affirmer notre attachement à la paix et la réconciliation et inviter nos compatriotes à nous emboîter le pas. C’est désormais notre credo et il faut nous attendre sur ce chantier car nous avons une expérience des affres de la violence donc mieux outillés pour dissuader nos frères qui veulent s’engager sur cette voie sans issue.

 

Comment l’Amicale se porte-t-elle ? Vous êtes un des rescapés de cet attentat qui a endeuillé des familles, depuis sa mise sur pieds l’Amicale arrive-t-elle à être à l’écoute de ses membres et surtout aux côtés des parents et ayants droits de ceux qui sont morts dans cette attaque dramatique en 2007 ?

 

KS : Cela fait seulement trois (3) ans que nous existons. Avec le peu de moyens dont nous disposons, nous avons pu et nous continuons d’apporter assistance aux personnes de notre association qui rencontrent des difficultés. C’est le lieu de remercier du fond du cœur le Président de l’Assemblée nationale Guillaume Kigbafori SORO en tant que membre, supporte fortement l’Amicale. Mais je suis l’enseignement qui me dit qu’il est bon que la main droite donne sans que la gauche ne s’en aperçoive. Les bénéficiaires le savent, nous le savons, donc pas besoin de faire de la publicité autour.

 

M. le Président de l’Amicale, si vous parlez de peu de moyen, cela veut dire que des difficultés sont parfois rencontrées, nous en avons la certitude. Il faut rappeler ici que le Premier ministre d’alors Guillaume SORO et cette forte délégation se rendaient à Bouaké pour l’installation officielle des magistrats en vue du lancement de l’opération des audiences foraines dans le cadre du processus d’identification des Ivoiriens. Donc, c’était une mission d’Etat. Face aux besoins parfois exprimés par certains membres, avez-vous pensé un jour approcher les autorités pour une plus grande assistance, voir même un dédommagement des victimes et des ayants droits de ceux qui y ont laissé la vie ce vendredi du 29 juin 2007 sur le tarmac de l’aéroport de Bouaké ?

 

KS : Effectivement les 44 personnes à bord du Fokker 100 étaient en mission d’État. Par conséquent nous avons contacté l’assureur pour régler la question du dédommagement. En matière d’assurance aéronautique, on nous a laissé entendre que notre Amicale n’est pas à même de saisir l’assureur mais plutôt le GATL d’où est parti le vol par ricochet l’Etat de Côte d’Ivoire qui doit contacter l’assureur. C’est pour cela que nous encourageons le gouvernement à prendre au sérieux ce problème afin que certains citoyens ne se sentent pas laissés-pour-compte suite à la douleur qu’ils ont subie le 29 juin 2007.

 

Entretien réalisé par Idrissa Maiga


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