25 janvier 2017
Petit Séminaire
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Petit Séminaire de Katiola
Guillaume SORO aux pensionnaires : « ici, on m’a appris à aimer la justice »

Guillaume SORO a fait un retour sur une partie de sa vie d’adolescent le lundi 23 janvier 2017. Il s’est rendu au Petit séminaire de Katiola pour l’inhumation du Père supérieur Dahiri Koné. Ce serviteur de Dieu a dirigé cet établissement qui a accueilli le Chef du parlement durant trois années d’études de la 6ème à la 3éme de 1986 à 1989. En marge de cette cérémonie funéraire, la 11ème promotion du moyen séminaire de cette école religieuse s’est vu accorder plus d’une heure d’échanges avec le Président de l’Assemblée nationale, ancien pensionnaire des lieux. Guillaume SORO a saisi cette tribune à lui offerte, pour égrener quelques souvenirs et surtout appeler les nouveaux pensionnaires à être eux-aussi à leur tour, des meilleurs produits qui reflètent les valeurs enseignées dans de cet établissement religieux.


Un large extrait de l’adresse de Guillaume SORO face à la 11ème promotion :
« ….C’est avec beaucoup de nostalgie, quand j’ai franchi le portail, que bien des souvenirs me sont revenus. Je pense que nous devons souvent trouver le temps de marquer un arrêt ici pour nous préoccuper, surtout nous, les anciens séminaristes du devenir du Petit Séminaire Saint Jean.
Nous sommes allés au cimetière des prêtres et j’ai bien vu qu’il y a longtemps que nous avons rompu le contact avec le Petit Séminaire. Parce que j’ai vu le nom de certains prêtres qui sont même de notre promotion et j’en étais surpris.
C’est pourquoi, je pense que cette occasion que nous avons aujourd’hui, doit marquer, en ce qui me concerne, un autre départ, un autre attachement avec ces lieux qui nous ont vus grandir. Parce que nous sommes arrivés ici au petit séminaire, adolescent.
Monsieur le père supérieur, je prends en compte ce que vous avez dit. Vous avez parlé des sanitaires, je vais le réaliser (applaudissements).
Je demande à monsieur Toh Marc mon chef de cabinet de prendre contact à vous, pour que dès la semaine prochaine, la réalisation des sanitaires commencent ici (applaudissements).
J’ai aussi apprécié la diversité qui fait la richesse du Petit Séminaire. Puisque, vous l’avez dit, toutes les régions sont représentées ici, c’est une bonne chose. Avec une mention spéciale à Odienné (applaudissements). Donc il ya une bonne progression dans le Nord.
En ce qui nous concerne, je voudrais tout simplement dire mes encouragements aux séminaristes, leur dire tout mon soutien. Et je peux vous dire que la vie que vous menez ici, ce que vous avez l’occasion d’apprendre ici est précieux. Moi-même dans ma vie de tous les jours, je sais ce que m’a apporté la formation au Petit séminaire de Katiola. Je ne le dis pas par populisme, c’est la vérité. Parce que, même quand je suis parti du Petit Séminaire, mon attitude, ma conduite, l’éducation que j’ai reçue ici, m’a guidé. Parce qu’ici, on m’a appris à aimer la justice et à détester l’injustice. On m’a appris à célébrer l’égalité et cela est important.
Je vous raconte une anecdote, si Konan Louis était là, il allait confirmer. Quand j’ai été orienté au lycée classique moderne 1 de Bouaké en classe de seconde. D’abord, j’ai été surpris, presque hébété, parce que je partais de la 3éme ici, nous étions 25 élèves en classe et j’arrive en seconde nous étions 65 élèves (rires).
Je me souviens très bien, notre professeur de Français nous fait une interrogation (….) nous étions en train de répondre et mon voisin, sous la table sort son cahier le met sur son pied et regarde à l’intérieur. Vraiment j’étais surpris, je lui dis, mais tu triches là (rires). Il me regarde, il ne comprend pas ma réaction. J’appelle le professeur qui arrive et je lui dis que mon voisin triche. Le professeur était plus surpris que moi. Il me regarde et il me demande, vous venez d’où ? (rires et applaudissements).
Il me demande, vous venez de quel établissement ? Je dis je viens du Petit Séminaire Saint Jean de Katiola, le professeur dit ‘’voilà je comprends’’. Donc on donne zéro au voisin, pour moi c’est normal, comment il peut regarder dans son cahier pendant une interrogation.
Nous, en 3ème, le professeur nous donnait le devoir et il partait. C’est le chef de classe qui collectait les copies et il les remettait après au professeur. Donc, nous ne savions pas ce qu’était la tricherie. Alors, moi qui pensait avoir fait une bonne œuvre, pendant la récréation, quand je m’approche d’un groupe d’élèves de ma classe, ils me fuient (rires) j’étais plutôt vu comme un traitre.
Et tout cela marque l’homme. Evidemment, je suis devenu ce que je suis, parce que je considère que cette partie de ma vie a été importante et m’a marqué. C’est pourquoi je ne dirai pas de conseils, mais d’avis, je vous demande de vous imprégner de ce qui vous est donné d’apprendre en ces lieux. Parce que quand on aurait fini tout, et qu’on aura tout oublié, ce qui va vous rester réellement, c’est toute cette éducation qui vous a été donnée.
Je vous souhaite plein succès. Je souhaite que ce séminaire produise des prêtres pour continuer d’humaniser notre société, de véhiculer les valeurs de charités, d’amour (…) ce sont mes souhaits et je l’ai promis, désormais, je continuerai de garder le contact avec vous.

Je vous remercie ».


Propos recueillis et retranscrits par Maiga Idrissa


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