28 septembre 2018
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Avant son décès, le dernier témoignage solennel de feu Fayama sur le combat de son mentor Guillaume Soro

C’est le 08 août dernier que Fayama, ce digne aîné et disciple de Guillaume Soro, a cru nécessaire de porter un vibrant témoignage sur la légitimité du combat que son mentor a mené. Fayama a été l’un des pionniers de cette révolution dont les Ivoiriens savourent aujourd’hui les retombées.


Ce témoignage sur sa page Facebook, il l’a intitulé " Les souvenirs de la longue marche de notre leader, Son Excellence Soro Kigbafori Guillaume, sur le chemin de l’égalité, la justice, la démocratie et la paix"

Sa narration :

 Le mois de mai 2008, fut un mois de troubles pour les Forces Nouvelles. Un an après la signature de l’accord politique de Ouagadougou, en application de ces dits accords, notre LEADER invite les commandants de zones à regrouper leurs troupes dans les casernes.

 Ces regroupements se faisaient sous le contrôle de la mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire. Dans la première semaine de ce mois de mai, c’est dans la zone de Séguéla, un regroupement était programmé.

 L’avant veille et la veille de la cérémonie de regroupement, des événements inattendus se produisirent. Entre Tiénigboué, Mankono et Séguéla les véhicules qui étaient estampillés FN ou par le sigle d’une zone de commandement étaient attaqués à la roquette et à l’arme lourde par des éléments incontrôlés.

 L’avant-veille, je partais en mission à Mankono, par la suite je devais poursuivre cette mission à Séguéla. Après Tiénigboué, je fais escale à la lisière de Ouédalla, centre de notre pays, pour les géographes. Mon téléphone satellitaire annonce des appels en absence venant de notre leader. Je sollicité sa disponibilité, il m’honore par une réponse directe.

 Notre Leader s’enquiert des nouvelles, je porte à sa connaissance que j’étais près de Ouédalla, route de Mankono. Il me dit cette voie n’est pas sécurisée ; j’appelle son souvenir, qu’en 2006, à Natiokobadara, banlieue de Korhogo, lors du lancement des travaux de 500 forages d’eau, les femmes s’étaient inquiétées de sa sécurité.

 En réponse, il leur avait dit ceci : je me suis engagé dans cette lutte avec mes compagnons d’armes pour que vous soyez libres partout dans notre pays ; de l’Est à l’Ouest du Nord au Sud. Pour qu’il y ait plus de justice, de la démocratie, une armée Républicaine au service du peuple et la paix.

 Notre Leader dit aux femmes ceci : " si dans cette lutte, il avait plu à Dieu de m’ôter la vie, je partirai digne et honoré d’avoir entrepris cette lutte. Lorsque c’est dur, c’est les durs qui avancent, ne pleurez pas, priez pour moi et mes compagnons, Inchallah nous y arriverons. Sacré Soro Guillaume !

 J’arrive à Séguéla, des rumeurs récurrentes annoncent qu’une attaque serait en préparation par des éléments opposés à la démobilisation. Je porte l’information à la connaissance de notre LEADER et je suggère le report de la démobilisation.

 Le Leader me dit « Je suis le Premier Ministre du processus de sortie de crise, ma crédibilité est engagée .Quoiqu’il advienne le programme est maintenu. Les survivants continueront la lutte. La veille de la démobilisation, un dépôt d’armes explose. Accident ? Sabotage ? La ville de Séguéla bruit d’informations alarmantes.

 L’après-midi, le Secrétaire général de la Préfecture de Séguéla, m’invite à une réunion avec le Corps Préfectoral, les cadres de Séguéla, pour préparer l’arrivée de notre LEADER, qui était le Premier Ministre. J’étais à cette époque dans nos zones, l’agent principal du Protocole.

 Pendant la réunion, un PIK-UP arrivé en vitesse hors-normes dans la Préfecture, je m’excuse et me retire pour savoir ce qui se passait. Les éléments qui étaient en percussion pour notre LEADER, me disent discrètement que deux embuscades avaient été tendues contre notre LEADER. Une de Daloa à Vavoua, une de Vavoua à Séguéla.

 Je parviens à joindre le Chef de garde rapprochée, le Capitaine Yao Kouamé Jean Baptiste alias JB. Cette fois, je passe par une personne pour porter le message de la menace à notre LEADER et les mesures prises par le Chef de la garde rapprochée. Je ne reçois pas de réponse.

 J’invite certains responsables des Grands commandements et certains membres du gouvernement qui avaient précédés notre LEADER à se tenir disponible à sa Résidence pour son accueil.

 19 H 46 mn, je reçois un appel, mon correspondant me dit de la part de notre LEADER que je devais prendre toutes les dispositions de commodités dans sa Résidence de Séguéla. Qu’il sera accompagné d’invités.

 01 heure 46 du matin, les précurseurs arrivent à la Résidence et disent qu’il était à 15 mn de la Résidence . À peine que nous nous rassemblions, il arrive. Il présente une grande fatigue due au long voyage.

 Dans la recherche de soulagement pour notre LEADER un bois sec a fendu mon cuir-chevelu. Il porte actuellement les traces de sutures des mains de Docteur Touré. Le lendemain, la démobilisation et le regroupement dans les casernes de KANI, Séguéla se sont déroulés en présence des acteurs ivoiriens et de la Communauté internationale.

 Quoi qu’il advienne, notre LEADER, il sera retenu de lui, au Sud du SAHARA, que grâce à son courage, son intelligence, sa témérité, Son intrépidité, il a conduit notre pays à des élections libres, démocratiques, ouvertes à tous. Il a également permis à nos populations de circuler librement.

 Comme le disait feu Félix Houphouët-Boigny. La victoire à plusieurs pères, mais la défaite est orpheline. 

 Nous avons pardonné, mais nous n’avons pas oublié. Gloire à Dieu, qu’il accueille nos illustres disparus sur le champ d’honneur pour notre CAUSE."

Koné Moussa FAYAMA

Conseiller Technique

Diplomate

Dramaturge"

C’est cet inconditionnel, cet illustre collaborateur et compagnon de lutte du Président Guillaume Soro que nous venons de perdre tôt dans la matinée de ce jeudi 27 septembre 2018.
Adieu grand-frère Fayama, repose en paix et que la terre te soit légère !

 

Konan Louis


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