31 mai 2016
8 mai
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Abobo PK18
Dame OUHON et son invité-surprise du 8 mai

Elle se nomme OUHON BA FRANK ELEONORE. Ce dimanche 08 mai 2016, elle est assise à l’entrée de sa maison. Par décence, nous appellerons ainsi cette habitation faite de vieilles tôles et de planches dont plus personne ne se sert. Elle est là, pensive, immobile sur sa chaise brinquebalante, le pied droit perdu dans un bandage volumineux. Un vieux tabouret lui sert de repose-pied, sans doute pour supporter la douleur provoquée par ce mal que je suspecte d’être un éléphantiasis.


Elle est entourée de ses quatre enfants dont la première a 10 ans. Il est 12 heures 45 minutes quand elle entend une clameur qui se fait de plus forte au fur et à mesure que des pas se rapprochent d’elle. Elle n’a pas le temps de s’interroger qu’elle voit apparaître, ouvrant les tôles ondulées qui servent de portail, un visage auquel elle était à mille lieux de s’attendre. A quelques 2 mètres, d’elle se tient debout, dans une chemise immaculée, les bras ouverts et le sourire offert, Guillaume Kigbafori SORO.

Pendant un moment qui semblait interminable, elle est restée sans aucun geste. Visiblement elle était partagée entre ce que la décence et le cœur lui commandaient de faire. Puis, n’écoutant que ses sentiments et oubliant ce mal handicapant, elle s’est littéralement jetée dans le bras de ce visiteur inattendu. Dans une longue étreinte fort émouvante, elle se blottit affectueusement entre les bras de son « étranger », le visage fourré dans le creux de son épaule droite. Quand elle daigne enfin se détacher de Guillaume SORO, son visage tout illuminé est inondé de larmes. Ses deux derniers enfants, à la fois apeurés et surpris enlacent fiévreusement leur mère. Ce spectacle de pur bonheur, tout homme devrait souhaiter le vivre en tant que témoin. Guillaume Soro nous a donné de le vivre à Abobo PK 18, ce jour à l’occasion de son anniversaire.

Dame OUHON, tenant fièrement la main du visiteur, fait le tour de ses voisins pour leur présenter son étranger. Pendant une bonne vingtaine de minutes, cette cour commune d’Abobo PK18 se transforme en un lieu de kermesse. Les cinq voisines de Dame OUHON se mènent la bataille pour qui s’approprier le bras gauche de Guillaume SORO laissé vacant par sa tutrice du jour.

Le tour du propriétaire achevé, le Président de l’Assemblée nationale est installé dans le réduit qui sert de salon (le jour) à Dame OUHON et à son mari. Solidarité agissante, on emprunte deux chaises pliantes pour Guillaume Soro et le Député Koné Tehfour, l’homme-orchestre de cette visite inopinée. Après échanges et autres salamalecs, le PAN demande à la maitresse des lieux de lui servir à manger. La dame garde le silence tandis que le mari baisse honteusement la tête. Puis, avec une voix mal assurée, elle annonce que « y a pas à manger aujourd’hui midi. C’est vers 16 heures que j’ai prévu faire la cuisine ». Silence de plomb et ambiance lourde dans la pièce. Et soudain, une voisine, Mme Rochelle Kouassi, ose une proposition : « moi j’ai à manger mais c’est un manger que j’avais fait hier pour 2 jours… ». Le PAN ne lui laisse pas le temps de terminer la phrase qu’il lui dit : « Rachou, envoie ».

Quelques minutes plus tard, « Rachou » revient avec une cuvette remplie à moitié de riz sur lequel elle a pris le soin de verser une sauce claire que je ne saurais m’autoriser à décrire, par respect et par décence. Pourtant, se saisissant chacun d’une cuillère –n’allez pas demander une fourchette, le PAN et sa suite dégustent le met avec un appétit non feint, allant jusqu’à refuser l’eau minérale et réclamant l’eau que « les gens de PK 18 boivent là ! ».

Alors que Dame Kouassi devait être en train de s’interroger, in petto, comment elle nourrirait sa famille ce midi et ce soir, vu l’affectation imprévue qu’elle a fait de la réserve alimentaire, les habitants de la cour commune voient apparaître une deuxième surprise : Guillaume SORO a fait livrer aux résidents de cette cour, de la boisson et 100 plats commandés à l’un des restaurants les plus huppés d’Abidjan. Et nous voilà repartis pour le deuxième épisode des « pleurs de joie et de bonheur » !!
De là où il se trouve, Raoul FOLLEREAU doit être fier de savoir qu’il existe encore des hommes politiques qui partagent son humanisme et qui appliquent avec un enthousiasme désintéressé sa mémorable formule qui prescrit que « nul n’a le droit d’être heureux tout seul ».

En prenant congé de sa tutrice et de ses co-résidentes, Guillaume SORO a eu ces mots : « je suis venu à Abobo PK 18. J’ai partagé vos réalités pendant 2 heures. Croyez-moi, je connais les hommes et je les pratique suffisamment tous les jours pour détecter parmi eux, les fourbes, les hypocrites, les malveillants et les bons. Vous êtes toutes parmi les bons. J’ai passé des moments inoubliables avec vous. Vous vivez dans la simplicité, la difficulté, l’incertitude. Mais vous vivez dans la fraternité et la solidarité. Vous êtes d’origines diverses (guéré, baoulé, agni, attié et malinké). Vous êtes de religions diverses. Pourtant j’ai été frappé tout de suite par votre entente. Le plus heureux de nous tous à cet instant, ce n’est pas moi mais plutôt le Président Alassane OUATTARA car vous traduisez en acte concret son désir de voir les Ivoiriens vivre ensemble. Je lui porterai ce témoignage. Merci pour ces moments que je n’oublierai jamais. »

Lambert COULIBALY


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